Sous le titre « Les entreprises paient un lourd tribut à la crise », le quotidien La Nouvelle-République a dressé l'impressionnant bilan des licenciements dans le département : 140 sur 340 chez Ranger à Theillay ; 276 chez Thyssen-Krupp à Vendôme, qui ferme ses portes ; 60 aux Transports TFM de la Chaussée-Saint-Victor également liquidés ; 17 sur 65 chez MDVL (mécanique et décolletage) ; 29 chez Senior Automotive à Blois ; 32 sur 48 chez Seab-Mura à Ouzouer-le-Marché, 23 chez Lorcet (fibre de verre) à Vendôme, qui ferme, comme ferme Panodia à Dhuizon en licenciant 18 salariés ou encore Vendôme-Menuiseries qui en laisse 45 sur le carreau. Pour ne pas remonter à la fermeture de Matra à Romorantin, ces licenciements s'ajoutent à ceux qui ont eu lieu au tournant 2008-2009 lors de la fermeture de Porcelaine de Sologne et de Québécor, et des licenciements qui ont touché près de 200 travailleurs dans une dizaine d'entreprises début 2009.
A y regarder de plus près, qui donc paie un « lourd tribut » ? Les entreprises, leurs propriétaires, ou bien les seuls travailleurs ?
Poser la question, c'est y répondre, car d'abord beaucoup de ces entreprises sont des filiales de groupes qui comportent bien d'autres établissements, et continuent à faire des profits. Beaucoup, pour ne pas dire toutes ont eu accès à des fonds publics, que ce soit au titre de l'aide à la sous-traitance automobile, de la prise en charge du chômage partiel (380 000 heures depuis le début de l'année en Loir-et-Cher !). Ainsi Caillau - qui produit à Romorantin des colliers de serrage pour l'automobile - en est à son quatrième plan social depuis 2004, à chaque fois financé par des fonds publics. Cette année, ses comptes sont excédentaires et les patrons ont tout de même annoncé un nouveau plan de licenciement de 58 personnes.
Alors à l'encontre du président de la Chambre de Commerce et d'Industrie, qui ose dire que les entreprises font tout pour conserver leurs salariés, c'est bien à la seule préservation des profits que servent les sacrifices multiples imposés aux familles ouvrières. Des profits dont il faudra imposer qu'ils servent à garantir l'emploi et les salaires.