Plastivaloire Langeais (Indre-et-Loire)

De l’argent pour acheter des usines, pas pour l’emploi

Depuis quelques semaines, chez Plastivaloire (fabricant de pièces plastique pour l'automobile, la TV-vidéo et l'électroménager), plane la menace de 61 licenciements à l'usine de Chinon dont la fermeture vient d'être annoncée. Mais 163 autres emplois seraient menacés à court terme. En mars, c'est l'usine de Dreux qui fermait avec 67 licenciements à la clé.

Aux ouvriers, le PDG dit que c'est à cause de la perte de contrats, notamment avec Sagem ou Philips. Il ne tient pas du tout le même discours aux actionnaires. Pour pallier la baisse des commandes et du chiffre d'affaires, « PVL entend maintenir ses axes stratégiques à long terme... afin de poursuivre la création de valeur pour ses actionnaires » et pour cela, « à court terme, PVL utilise les moyens à sa disposition (RTT, congés, chômage partiel, réorganisation de la production, etc.) afin de s'adapter à l'évolution de la demande ». En d'autres termes, il compte économiser sur les salaires, sur le nombre d'usines et d'emplois.

En mai, Plastivaloire achetait le groupe Key Plastics. Contradictoire ? Pas du tout : « Plastivaloire continue de se concentrer sur l'adaptation de ses coûts, notamment en France, et met en place les synergies liées au rachat des actifs du groupe Key Plastics Europe en France et en Slovaquie ». Ce qui revient à dire qu'après avoir racheté cette entreprise, il ferme des usines et licencie dans les deux groupes. Déjà 191 salariés de Key Plastics ont été licenciés, tant en France qu'en Slovaquie.

Grâce à tout cela, le PDG annonce des chiffres qui devraient combler les actionnaires, telle l'augmentation de la marge bénéficiaire brute et des gains de trésorerie dus à des opérations financières. Bref de l'argent il y en a, et les travailleurs de Chinon ont toutes les raisons d'en réclamer leur part, à défaut de parvenir à empêcher ces scandaleux licenciements. Ceux de l'usine de Dreux, qui s'étaient mis en grève à l'annonce de la fermeture, ont au moins obtenu en plus des mesures du plan de licenciements, une prime supra-légale de 10 000 € et 1 000 € supplémentaires par année d'ancienneté.


URL: https://ip231.ip-5-135-94.eu/en-regions/centre/breves/article/de-l-argent-pour-acheter-des