Champignonnière de Ternay - Loir-et-Cher (41)

Les patrons du champignon font de l'intox

Les 46 travailleurs de la champignonnière de Ternay, en Vendômois, redoutent la fermeture de leur entreprise. Ce ne sont pas les déclarations à la presse de leur patron qui les auront rassurés. Après avoir fermé en septembre la champignonnière de Villentrois dans l'Indre, Jean-Yves Letocart déclare ne pas savoir s'il va pouvoir maintenir l'activité à Ternay. Et bien sûr selon lui, c'est que « la main d'oeuvre française est trop chère... les concurrents néerlandais et polonais étant au moins deux fois moins chers ».

Pendant ce temps-là, France Champignon, auprès duquel la champignonnière écoule la totalité de sa production, continue à faire ses petites affaires. N° 2 mondial sur le marché France Champignon (dont Jean-Yves Letocart est administrateur) a conclu un accord avec la société néerlandaise FTNON, spécialiste de la transformation et de la distribution des produits alimentaires. Quant à la « concurrence » polonaise, les patrons de France Champignon la connaissent bien, puisqu'il y a belle lurette qu'ils ont acheté - via leur filiale Inter Champ - une usine en Pologne !

France Champignon licencie et ferme champignonnières et usines de transformation depuis un moment déjà pour produire et transformer moins cher ailleurs. Après Châtellerault il y a quelques années, il y a eu l'an dernier la fermeture de la Conserverie du Mont-Lozère dans le Gard et cette année, des licenciements à Thouars en Deux-Sèvres.

Si les emplois d'ici sont menacés, ce n'est certainement pas par la concurrence des travailleurs d'autres pays d'Europe, mais bien par l'avidité des capitalistes propriétaires. Et les moyens de maintenir les emplois, c'est dans les caisses de Butler Capital Partners, ce fonds qui, outre France Champignon, détient le SERNAM, Virgin, la SNCM, ou encore IPSOS qu'il faudrait aller les chercher.


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