Tours - Indre-et-Loire (37)

Contre le droit des salariés, le maire a des principes...

En 2002, les 387 salariés des centres sociaux-culturels de Tours (Acces-Tours) avaient été licenciés, le maire Jean Germain (PS) ayant décidé de supprimer la totalité des subventions accordées à ces centres qui assuraient une mission de service public appréciée de la population. « Pas assez rentable » avait décidé le maire.

Après une année de lutte pour tenter d'empêcher la fermeture et les licenciements, la liquidation judiciaire d'Acces avait finalement été prononcée, tandis qu'un certain nombre de salariés décidaient de continuer la lutte sur le terrain juridique.

Trois fois - devant la cour d'appel administrative de Nantes en 2005, la cour d'appel de Versailles en 2008 et le tribunal des Prud'hommes de Tours en juillet dernier, la justice leur a donné raison, ces instances estimant tour à tour que les licenciements étaient nuls et illégaux et qu'à tout le moins, la reprise des activités d'Acces par la ville de Tours aurait dû s'accompagner de la reprise des salariés licenciés. Trois fois aussi, le maire a refusé de s'incliner, faisant durer la procédure en contestant en cassation ou en appel les décisions qui le condamnent, et refusant de payer les dommages et intérêts décidés en juillet 2009 par les Prud'hommes.

Bien sûr, c'est avec les moyens d'une ville que le maire impose la poursuite des procédures à des travailleurs qui ne disposent, eux, que de leur salaire. En liquidant Acces, la ville s'est pourtant dispensée du remboursement d'1,5 million d'euros - dette qu'elle avait largement contribué à creuser - soit bien davantage que les dommages et intérêts qu'elle s'acharne à ne pas payer. Mais faire la démonstration devant l'opinion bourgeoise de Tours que pour être au PS on n'en est pas moins un maire à poigne, cela n'a sans doute pas de prix électoral...

Motivés par la volonté de faire respecter leurs droits, les ex-salariés d'Acces sont bien déterminés à ne pas baisser les bras.


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