La direction de Continental aura tout tenté pour faire passer son plan « Pépé » visant à réduire de 8 % de la masse salariale - « Pépé » pour « Productivité-Pérennité », renommé depuis en plan de « maintien de l'emploi » - . En vain : les deux syndicats majoritaires, la CGT et la CFDT, se sont opposés à l'accord signé par les syndicats minoritaires.
Le 13 septembre dernier, elle avait organisé une consultation-bidon auprès du personnel, avec la menace de licenciements à la clé : résultat, entre les refus de vote et les « non », c'est 57 % du personnel qui a rejeté ce plan.
Les deux syndicats majoritaires avaient dit lors d'un meeting devant l'usine qu'ils s'opposeraient à l'accord s'il était signé. Pour tenter de les faire plier, la direction a annoncé qu'il y aurait 1000 emplois menacés si l'accord n'était pas validé : 500 à Foix et 200 à Boussens, soit la totalité des deux sites, et 300 à Toulouse.
Puis elle a mobilisé les cadres dirigeants et certains de leurs subordonnés pour perturber une réunion du personnel organisée vendredi 8 octobre par la CGT et la CFDT, ceux-ci allant de cris et de hurlements jusqu'à la tentative de pression physique. Ce n'était pas encore comme à General Motors, mais ça s'en rapprochait. Mais salariés et organisateurs ne se sont pas laisser impressionner.
Et enfin, la direction est allée pleurer auprès des pouvoirs publics pour organiser une « médiation » pour faire plier les syndicats récalcitrants. Mais là encore, ce fut un échec, les syndicats majoritaires ont confirmé leur opposition.
Dans l'usine, les militants des deux syndicats ont reçu les félicitations et les encouragements de tous ceux qui les soutiennent, et ils sont la majorité.
« Pépé » est donc enterré. Mais on peut être sûr que la direction essaiera de remettre le couvert bientôt : la menace des 1000 suppressions d'emplois demeure, et syndicats et salariés restent vigilants.