Michelin France est soupçonné de frauder la Sécurité Sociale à grande échelle en ne déclarant pas les accidents de travail. A Bassens, la direction de Michelin a reçu, en décembre 2010, un courrier de l'inspection du travail signalant que « les salariés victimes d'accidents du travail subissent des pressions de la part de leur encadrement... en vue de les faire renoncer en partie ou en totalité à un arrêt de travail ». Le but de Michelin est de convaincre le travailleur d'accepter « d'occuper temporairement un poste de travail aménagé sous la menace à peine voilée de porter atteinte à sa carrière ». Il lui est alors « demandé expressément de prendre rendez-vous auprès de son médecin...en vue de mettre un terme à son arrêt de travail ».
L'intérêt de Michelin est de parvenir « à baisser la charge des cotisations dues au titre des accidents du travail et des maladies professionnelles en minorant volontairement et artificiellement le nombre de journées d'arrêt de travail ».
Michelin affiche quinze fois moins d'accident du travail que la moyenne nationale; mais dans combien d'entreprises, lors d'accidents, a-t-on recours à des ambulances privées pour ne pas appeler le 18, ce qui déclenche une enquête de police ou de gendarmerie qui peut entraîner la responsabilité pénale de l'employeur ? Au total, la sous-déclaration systématique est estimée à un préjudice d'1 milliard d'euros par an pour la Sécurité Sociale, milliard qui va grossir un peu plus les profits des actionnaires.
Et au total, c'est bien toute la société qui se retrouve malade de la domination des capitalistes !