A propos de l’expulsion faite à Bagnolet le 10 février dernier

Les élus de Lutte Ouvrière, bien que faisant partie de la majorité municipale de Bagnolet sans y avoir le moindre pouvoir dans l'exécutif, ont soutenu les expulsés et participé au comité de soutien ainsi qu'aux différentes manifestations en faveur de leur relogement. Jeudi 25 février, lors du conseil municipal, ils ont soumis au vote une motion dénonçant l'attitude la mairie. Cette motion a été votée par les deux élus LO, le PS et les Verts, faisant eux partie de l'opposition municipale. Les élus PC et la droite ont voté contre. Les élus du Parti de Gauche, eux aussi dans la majorité municipale, et quelques militants associatifs se sont abstenus. Le maire PCF a refusé de prendre part au vote.

Les expulsés sont hébergés jusqu'au 30 mars. Leur relogement demeure une exigence.

Motion proposée par les élus Lutte Ouvrière à la réunion du Conseil Municipal de Bagnolet du 25 février 2010 :

"Mercredi 10 février, la police a expulsé les habitants du 92 rue Victor-Hugo, puis l'immeuble a été détruit, ensevelissant ainsi les affaires des occupants, en particulier ceux qui se trouvaient à leur travail à cette heure matinale. Ce jour-là la température était inférieure à zéro et les expulsés se sont retrouvés dehors sans logement. La mairie et la préfecture partagent la responsabilité de cette expulsion indigne en plein hiver, sans que soit respectée la notion de trêve hivernale.

Cette expulsion est scandaleuse et les conséquences sont dramatiques pour les habitants.

La mairie a par la suite aggravé la situation en diffusant une lettre aux Bagnoletais parlant des expulsés comme des délinquants, dealers et proxénètes. Cette justification de l'expulsion nous paraît odieuse.

Depuis, la mairie a entamé des négociations avec le DAL et les expulsés pour trouver des solutions de relogements décents. Elle a fini par accueillir les expulsés dans un Algeco de l'école E. Cotton. Toutes ces solutions sont provisoires et il faut des solutions de logement pérennes.

La préfecture qui a envoyé la police et qui aujourd'hui fait la sourde oreille aux besoins des expulsés est largement responsable de cette situation."

L'Etat qui pour sa part, refuse les moyens d'une véritable politique de logement mettant fin à ce scandale des millions de mal-logés en France est encore plus responsable.

Mais le fait que la mairie de Bagnolet ait une politique de logement social ne la dédouane pas de sa responsabilité dans cette affaire.

Nous tenons à condamner l'attitude de la mairie dans l'expulsion et ses justifications.

Nous rejetons les utilisations politiciennes de cette expulsion faite par l'opposition municipale et autre.

Pour notre part, nous soutenons toutes les actions qui ont comme objectif exclusif d'obtenir des relogements pour les expulsés."


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