Charente Libre - Poitou-Charentes :  Lutte Ouvrière: «Il faut que la peur change de camp»

Lutte ouvrière, c'est une foi indéfectible dans le grand soir. C'est un drapeau rouge et une marque, Arlette Laguiller. La passionaria de l'extrême gauche n'est plus aux affaires mais ses successeurs continuent de réclamer son label. Ils le brandissent dans la course aux élections régionales. «Nous ne défendons pas un programme électoral, nous défendons un programme de lutte. La révolte ne peut venir que par le bas. Il faut que la peur change de camp et pour cela, que des millions de gens descendent dans la rue.» Ludovic Gaillard, 44 ans, chercheur et enseignant en mécanique à l'IUT de Poitiers, conduira la liste régionale, relayé en Charente par Jean-Pierre Courtois.

En solo

Associées aux régionales de 2004, Lutte ouvrière et la LCR avaient obtenu 4,5% des suffrages. Cette fois, LO part en solo. La LCR est devenue le NPA (Nouveau Parti anti-capitaliste) d'Olivier Besancenot, l'autre label rouge. «Le NPA, il a autant d'alliances qu'il y a de régions, tantôt avec le Front de gauche, tantôt en Bretagne, avec les décroissants qui sont des réacs, quand il ne se divise pas en deux comme en Bourgogne», persifle Ludovic Gaillard. Sous entendu, le vrai et le seul parti à la gauche de la gauche, c'est LO. La campagne sera donc une occasion et une tribune pour «défendre les travailleurs». «Notre objectif, c'est d'empêcher les licenciements. Quand un million de chômeurs arrivent en fin de droits, ça nous empêche de dormir», s'enflamme Jean-Pierre Courtois. Ils mettent dans le même panier la droite au pouvoir et la gauche qui tient les régions. «Est-ce que la gauche qui a toutes les rênes en Charente a changé quelque chose à la situation économique et sociale?», interroge Jean-Pierre Courtois. Ludovic Gaillard fait le procès du sarkozysme: «Le CAC 40 monte, l'emploi diminue. Les grands groupes pillent l'économie. Le gouvernement les sert: bouclier fiscal, baisse de la TVA, exonération de taxe professionnelle.» La liste de Lutte ouvrière sera bouclée début février, «représentative du monde du travail». En Charente, les trois premiers candidats sont arrêtés: Jean-Pierre Courtois,


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