Le Républicain Lorrain :  Mario Rinaldi, en attente d'un troisième tour social

Mario Rinaldi, tête de liste pour Lutte Ouvrière, était hier à Saint-Avold pour mener campagne en vue des régionales. Plus qu'un chiffre fort au sortir du premier scrutin, il attend une mobilisation générale des ouvriers.

Des précédentes régionales, Mario Rinaldi, tête de liste de Lutte Ouvrière et « ses camarades » dressent un bilan plutôt sombre. « Sur les 22 régions françaises, 20 avaient été remportées par la gauche. Vous avez vu une différence ? » Le ton est un peu moqueur, dicté par un désarroi continu depuis six ans. « Les gouvernements qu'ils soient de gauche ou de droite ne font pas avancer la classe ouvrière. Les candidats sollicitent le vote des travailleurs et puis les oublient une fois élus. La situation est désastreuse. On n'annonce des plans sociaux tous les jours. »

A Lutte Ouvrière, on perçoit chaque bulletin griffé de la faucille et du marteau placé dans l'urne comme un cri. « On ne peut que constater une dégradation des classes populaires, qui pourtant sont celles qui produisent les richesses, richesses dont ils ne profitent pas. Il y a de la colère partout. » En campagne électorale, les militants ciblent les sorties d'usine. Ils se sont rendus sur la plateforme pétrochimique dans l'après-midi. « Nous le faisons toute l'année, nous renforçons simplement nos actions en ce moment », se défend l'employé de la SOVAB à Batilly. Si le candidat attend peu de chose du scrutin, il espère « un troisième tour social », une union des travailleurs qui fera plier le patronat. « Il faut qu'ils comprennent qu'ils sont une vraie force. Chez Phillips à Dreux, le plan social a été suspendu suite à la mobilisation de ses employés, qui ont fait grève, ont manifesté. Une grève, ça met de la vapeur dans les tuyaux. »

Redonner confiance à la population

Lutte Ouvrière réclame une plus grande transparence des comptes des entreprises. « Chaque employé devrait avoir un droit de regard sur l'endroit qui l'emploie, sur le nombre d'actionnaires qui le compose. On n'a pas le droit de mettre la clé sous la porte, d'éteindre la lumière et de mettre tout le monde dehors sans explication. » Le projet d'interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des bénéfices s'annonce comme une priorité pour le parti d'extrême-gauche. « L'argent engrangé ne sert qu'aux spéculations financières. Qui détient aujourd'hui véritablement le pouvoir ? Ce ne sont pas les politiques mais les banquiers. Prendre une partie des bénéfices colossaux du CAC 40 pour le redistribuer aux ouvriers ne serait que justice. »

En 2004, date des dernières régionales, le taux d'abstention atteignait les 40 %. La démobilisation ne surprend guère Mario Rinaldi. « Il faut redonner sa confiance à la population, lui dire qu'elle tient entre ses mains le pouvoir de changer les choses. » Résultat les 14 et 21 mars.

C.Pi.


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