Nord Littoral : LO se veut toujours un vote de contestation
Dominique Wailly et les colistiers calaisiens aux régionales
Didier Letren, Françoise Millot, Dominique Wailly, Nadège Caron et Pascal Bienaimé, les candidats calaisiens sur la liste LO du Pas-de-Calais.
Des candidats de Lutte ouvrière sont évidemment sur les rangs pour les élections régionales des 14 et 21 mars. Pour Dominique Wailly, second sur la liste du Pas-de-Calais, l'expérience n'est pas nouvelle.
Le Calaisien a déjà occupé un poste de conseiller régional entre 1998 et 2004. « Il y avait un mode d'élection plus favorable, se souvient-il. Notre liste avait fait un peu plus de 6 %, nous avions eu sept élus. Aujourd'hui, le système électoral en vigueur est beaucoup moins favorable à des formations politiques comme la nôtre. Il faut faire plus de 10 % pour pouvoir se maintenir au second tour, et il faut plus de 5 % pour pouvoir fusionner avec une autre liste. Ce système, c'est un barrage qui éloigne les personnes qui ont voté pour nous ».
De fait, Dominique Wailly et les conseillers régionaux LO gardent un souvenir mitigé de leur passage à la Région : « On ne peut qu'être les yeux et les oreilles des ouvriers et des classes populaires au conseil régional. » Et les candidats de LO comptent bien dénoncer ce qu'ils considèrent comme des abus : « Nous pensons que les subventions, l'argent public, doit aller à des institutions publiques, pas à des entreprises privées ».
L'opinion de LO est aussi forgée quant à la direction que pourrait prendre la Région à l'issue du scrutin prochain : « Quel que soit le parti politique au pouvoir, sur le fond ça ne changera rien, assure Dominique Wailly. Le conseil régional ne peut pas faire grand-chose face à la politique faite par le gouvernement et le grand patronat. On veut faire payer aux ouvriers et aux classes populaires le coût de la crise dont ils ne sont pas responsables. Les responsables, ce sont les banques qui spéculent et les grands industriels. Les travailleurs sont indignés par la situation actuelle. Quelle que soit l'étiquette politique, ça n'empêchera pas les conditions de travail d es travailleurs de se dégrader. » Et les candidats de LO de pointer du doigt les menaces qui pèsent sur le Calaisis : « On dit que ça ne peut plus durer. Les subventions versées à l'industrie de la dentelle ont accompagné les licenciements et les délocalisations en Asie ; de la même façon, la Région verse des subventions pour le transport ferroviaire mais c'est la SNCF qui décide de supprimer des lignes ».
Lutte ouvrière promeut toujours « le partage du travail entre tous sans perte de salaire en prenant sur le profit des entreprises ». « Voter LO, c'est pousser un coup de gueule envers le grand patronat, insiste Dominique Wailly, même si la région a peu de poids dans les décisions de ces sociétés ».
J.-F.D.
Les candidats calaisiens de la liste LO du Pas-de-Calais : Dominique Wailly, ouvrier de la chimie, 2e ; François Lecaplain, infirmier, 8e ; Françoise Millot, enseignante, 11e ; Vincent Evrard, ouvrier de la chimie, 16 e ; Nadège Caron, aide-ménagère à domicile, 21e ; Pascal Bienaimé, ouvrier travaux publics, 28e ; Didier Letren, ajusteur mécanicien, 34e.