La Voix du Nord :  Pour Lutte ouvrière, il est encore possible de « changer le monde »

Françoise Millot, 57 ans, est onzième sur la liste présentée par Lutte ouvrière dans le Pas-de-Calais.

ELECTIONS REGIONALES

Françoise Millot, 11e sur la liste Lutte ouvrière pour les élections régionales dans le Pas-de-Calais, représente son parti sur la Côte d'Opale, aux côtés de Nicolas Fournier, instituteur dans le Boulonnais.

Selon cette Calaisienne de 57 ans, les élections régionales « doivent permettre au monde du travail de crier sa colère. Lutte ouvrière s'adresse à ceux qui vivent avec des petites retraites, aux personnes qui ont perdu leur travail, à celles qui craignent d'être licenciées... à tous ceux qui pensent que ça ne peut plus durer. »

Le parti de Françoise Millot souhaite « interdire les licenciements, partager le travail entre tous et ouvrir les comptes des entreprises, pour voir d'où vient et où va l'argent. Il faudrait prendre sur les profits pour financer ce qui est nécessaire à la population ». Face à la crise, aux problèmes d'emploi ou encore de logement qui « touchent toujours les petits », Lutte ouvrière réclame des « mesures d'urgence ». Sans accorder plus de crédit à la gauche qu'à la droite : « La Région est dirigée par la gauche. Pourtant, elle aussi a donné des subventions aux patrons ». Lutte ouvrière reproche également à l'État d'avoir « sacrifié les services publics pour sauver les banques. Alors que le monde du travail n'est pas responsable de leurs spéculations ! ».

Contrairement à 2004, il n'y a pas eu d'alliance entre Lutte ouvrière et le parti d'Olivier Besancenot : « On ne dit pas la même chose que le NPA, justifie Françoise Millot. Pour nous, il est hors de question de s'associer avec des partis de gouvernement. Ce qui compte, c'est d'exprimer nos idées, pas de rentrer dans des calculs électoraux. »

« Un Juin 36 ou un Mai 68 »

Lutte ouvrière présente 74 candidats dans le Nord et 47 dans le Pas-de-Calais : enseignants, personnel hospitalier, ouvriers... Françoise Millot a rejoint ce parti à ses 18 ans, « dans l'élan de la jeunesse qui a suivi mai 68 ». Aujourd'hui encore, elle croit qu'il est possible de « changer le monde et la société, refaire un Juin 36 ou un Mai 68. L'histoire a montré que les grandes avancées sociales viennent de luttes. Nous sommes peut-être minoritaires, mais on peut se faire craindre. La peur doit changer de camp et passer du côté des patrons ».

CÉLINE RUDZ


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