Le Progrès : La Région, y a rien à en attendre
Lutte ouvrière, qui dénonce le système capitaliste, ne se présente pas pour emporter la Région mais pour préparer les luttes futures des travailleurs et donner une voix « à ceux qui ne sont pas dupes »
Quand Lutte ouvrière part en campagne pour les Régionales, elle ne fait pas de projet pour la région et ne lance pas de programme selon les compétences de cette collectivité. Hier soir, salle des Arquebusiers à Dole, une partie des colistiers du Jura, autour de Dominique Revoy tête de liste, ont présenté leur engagement.
Et les militants l'ont clairement exprimé : « On fait une liste pour que les gens qui ne sont pas dupes des politiciens, des grands patrons, qui sont conscients et en colère, puissent utiliser le bulletin de vote pour s'exprimer. »
Car le parti des travailleurs ne se fait pas « beaucoup d'illusion sur le système capitaliste qui a démontré son absurdité. Cela fait 40 ans qu'on le dénonce et 2 ans qu'on est en plein dedans. » Lutte ouvrière attend « une explosion sociale. Les gens qui votent pour Lutte ouvrière ne sont pas dupes. C'est dans le vote que se déterminent les luttes futures des travailleurs. » « Les salariés vont piquer un gros coup de colère, on mise notre avenir sur ça » soulignent les militants. « Ils auront comme repère les mots d'ordre de Lutte ouvrière : interdire les licenciements, arrêter de subventionner les entreprises pour au contraire financer l'emploi dans le service public, rendre public les comptes des entreprises, arrêter le secret bancaire car les salariés sont toujours les derniers informés » précise Dominique Revoy.
Au-delà des compétences d'une région, pour la chef de file du Jura, « il y a quelque chose qui est extrêmement local, c'est être victime de la crise. Je ne connais pas un endroit dans le département où ce n'est pas vécu. » Et d'ajouter : « Ceux que nous avons rencontrés, des travailleurs, des chômeurs, des retraités, nous ont tous parlé de la dégradation de leurs conditions de vie. C'est à eux qu'on s'adresse : la crise n'est pas une fatalité, on nous dit que c'est un phénomène naturel, mais c'est une politique menée contre les classes populaires, c'est organisé par les patrons des entreprises du CAC 40 pour maintenir les profits. Les seuls qui peuvent mettre un coup d'arrêt, ce sont leurs propres salariés. » Dominique Revoy dénonce aussi la politique du gouvernement : « Ils démolissent les services publics pour trouver de l'argent pour aider les patrons. Mais plus on a de difficultés, plus on a besoin de services publics, de la santé, de la Poste, des transports. » Et Dominique Revoy note encore : « Ceux qu'on a rencontrés savent très bien que la région, y a rien à en attendre. Aucune région n'a protégé personnes des conséquences de la crise. Et les personnes touchées sont à mille lieues de se préoccuper de savoir qui dans telle liste est à telle place ou telle place ».
Nathalie Bertheux