Est Républicain : « 2012 ne changera rien »
Nathalie Arthaud n'est pas en campagne, elle est juste venue rencontrer les « camarades ». Ph. J.-L.G
Première fête de Lutte ouvrière, hier soir, en présence de la porte-parole Nathalie Arthaud.
A l'heure où des partis se cherchent un(e) candidat(e) à l'élection présidentielle, Lutte Ouvrière a déjà trouvé le sien. Travailleuse parmi les travailleurs, Nathalie Arthaud était hier soir à la Roselière pour la 35e fête du parti dans l'Aire urbaine. Sa première participation.
Nathalie Arthaud, votre présence à Montbéliard a-t-elle un lien avec les élections cantonales des 20 et 27 mars ?
Non, je suis venu rencontrer les camarades et faire un bon repas. Lutte Ouvrière ne présente pas de candidat aux cantonales. C'est une élection qui fait la part belle aux alliances, il est difficile d'y défendre ses idées. Pour cela, nous attendons la présidentielle.
Vous serez la candidate de LO à la présidentielle. Etes-vous en campagne ?
Notre campagne ne démarre pas tout de suite. Nous la ferons commencer doucement, en septembre.
Qu'attendez-vous de 2012 ?
La présidentielle sera l'occasion de populariser notre programme. Mais 2012 ne changera rien, ce n'est pas une élection qui va empêcher les entreprises de fermer ou qui va obliger Peugeot à embaucher des centaines d'intérimaires. Il faut que ça vienne des travailleurs. Leur force, c'est leur nombre. On l'a entrevu au moment des manifestations contre la réforme des retraites. Imaginez quand les gros bataillons entreront dans le mouvement pour exproprier la bourgeoisie. Il faut se faire craindre, comme en 36 ! Si ça part, on sera là, on aura une politique à proposer. Et on la propose dès maintenant, on n'attend pas les campagnes. Ce qui ne signifie pas que le score nous importe peu.
Ne vous désespérerez-vous pas, depuis tout ce temps ?
Au contraire, nous sommes comme les Tunisiens. L'exemple de ce qui se passe dans ces pays montre qu'il ne faut jamais désespérer. En France aussi, ça finira par arriver.
Les gens vous parlent-ils toujours autant d'Arlette Laguiller ?
Oui, mais ça ne me dérange pas. Elle incarne notre politique. J'espère être son prolongement. Mais je ne commence pas mes discours comme elle. Je mets les femmes en premier. Je dis : travailleuses, travailleurs...
Propos recueillis par D.Bst
Sa réaction au sondage
Le sondage est tombé alors qu'elle était dans le train pour Belfort. Un sondage qui donne Marine Le Pen en tête des intentions de vote au premier tour de la présidentielle.
« J'ignore à qui le FN prend des voix, à l'UMP peut-être. Ce qui m'inquiéterait, c'est qu'il prenne des voix dans les classes populaires. Tous les travailleurs qui voteraient pour eux se tireraient une balle dans le pied. Le FN, c'est le poison des travailleurs, ils se jetteraient dans la gueule de leurs ennemis ; l'électorat de Le Pen, on le connaît, il est hostile aux ouvriers, hostile aux syndicats. »