Sud-Ouest (Rochefort) : Ils oublient la plage pour des vacances militantes
Ces militants de toute la France ont pris leurs congés pour animer la caravane.
L'été, c'est vacances, farniente et plage. Oui, enfin... souvent. Car les membres de Lutte ouvrière (LO) ont choisi une autre formule : les vacances militantes ! Eh oui, ça existe, même en congés quand il fait beau ! Bien sûr, ça n'apparaît pas encore au catalogue de votre agence de voyages.
Discuter et échanger
Entre le marchand de melons et l'étal de jonchée au marché hier, le stand de Lutte ouvrière proposait des nourritures aussi, mais spirituelles celles-là. « La caravane, c'est chaque été parce que les gens ont plus de temps pour discuter », raconte Jean-Jacques, électricien à Tours, qui prend chaque année ses vacances pour participer à la caravane pendant une semaine.
Avec lui, qui distribuent aussi des tracts et le journal « Lutte ouvrière », Bernard, métallo de la région parisienne ; Thierry, instit retraité de Metz ; Lucien retraité d'ici ; Victor de Toulouse ; ou encore Jean-François de la région parisienne. « 20 caravanes sillonnent la France pendant une semaine et chacune mobilise 15 militants », explique Frédéric Castello, le local de l'étape porte-parole de LO à Rochefort.
Dans une ambiance de camaraderie, le groupe mange sur ses deniers, chez des militants ou au restaurant. On dort chez des sympathisants, pas à l'hôtel, le budget de LO est trop serré. « Ceux sont nos vacances ! Pour nous, vrais communistes, c'est normal de payer de notre poche et de notre temps pour une société égalitaire et fraternelle. C'est ça, le militantisme et ce n'est pas exceptionnel ! »
Le mécontentement gronde
« Quand nous nous adressons aux gens, nous sommes souriants, on ne nous prend pas pour des martiens ! Car le but n'est pas d'être catastrophiste, mais de redonner le moral », raconte Thierry.
Cette année, plus que jamais, il est question de la crise, de l'érosion du pouvoir d'achat, du chômage, de la dégradation du service public, des profits des entreprises du CAC 40 et des spéculations de la sphère financière. Les militants, vieux briscards de la caravane, font un constat : « Les gens sont de plus en plus mécontents et ils confient qu'ils ne pourront pas supporter la situation encore longtemps », raconte Frédéric qui voit sans doute un mouvement de riposte à la rentrée.
Les militants de Lutte ouvrière sortent ragaillardis de ce genre de démarche. « C'est plus que jamais nécessaire pour montrer au peuple qu'il n'est pas tout seul à en avoir marre de ce système capitaliste en faillite. »
Les militants de la caravane de Lutte ouvrière mettent leur temps au service du débat d'idées. PHOTO K. C.