Est Républicain : Dans les pas d'Arlette
Nathalie Arthaud : « Je parlerai des problèmes vitaux des travailleurs » Photo Christine DUMAS
SANS VOULOIR lui faire offense, Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière à l'élection présidentielle, ne possède encore qu'une faible notoriété nationale.
Bien moindre en tout cas que celle d'Arlette Laguiller, emblématique figure de proue du mouvement pendant de nombreuses années. Mais il faut bien débuter. « Je suis moins célèbre qu'Arlette, c'est vrai, mais j'espère être un peu plus connue à la fin de cette campagne » dit-elle.
Enseignante en lycée polyvalent à Aubervilliers (93), porte-parole nationale de LO depuis décembre 2008, elle est âgée de 41 ans. Après une première réunion publique samedi à Saint-Brieuc, puis le coup d'envoi officiel de sa campagne à Paris, elle rencontrait hier militants et sympathisants à la Maison du peuple de Belfort, avec Jean-Marie Pheulpin, conseiller municipal. Les premières étapes d'un périple qui jusqu'à Noël la conduira dans 95 villes françaises où elle tiendra 43 meetings. De quoi se faire un nom, mais ce n'est pas son but premier.
Comme Arlette Laguiller, qui l'a assurée de son soutien, elle ne s'attend pas à ce que les urnes apportent un quelconque changement à la condition des travailleurs. La campagne électorale lui offre surtout une tribune pour défendre leur cause, alors que la crise économique et financière multiplie les rechutes.
« Cette campagne va se tenir dans un contexte particulièrement dur pour les travailleurs et l'ensemble de la société. Les grands dirigeants de la planète sont incapables de maîtriser la crise » lance-t-elle, stigmatisant tour à tour « l'économie irrationnelle qui marche sur la tête », « le système capitaliste au bout du rouleau », « la loi absurde du marché » ou « le gouvernement qui fait de l'assistanat pour capitalistes en difficulté ». Et de marteler : « je parlerai des problèmes vitaux des travailleurs, le chômage et la baisse du pouvoir d'achat, qui ne sont pas inéluctables car on peut les combattre ». Ses solutions : interdire les licenciements collectifs, répartir le travail entre tous et indexer les salaires sur les prix. Elle veut aussi supprimer « le secret des affaires » et fusionner toutes les banques en un seul établissement de crédit. « Nous sommes les seuls à proposer ces changements. Entre nous communistes révolutionnaires, et les autres candidats, il y a un fossé » souligne-t-elle. Bonne occasion pour tacler un peu le PS : « S'il revient au pouvoir, il ne faut pas s'attendre à des changements. Quant à ses candidats, je ne fais aucune différence entre eux. Ils ne veulent rien faire qui gênerait trop les capitalistes ».
Arlette aurait été satisfaite de sa prestation, elle n'aurait pas mieux dit.
Didier PLANADEVALL
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