La Charente Libre : Nathalie Arthaud veut « faire changer la peur de camp »
Travailleurs. Patronat. Les mots sont les mêmes. Le discours ne varie pas. Pourtant, ce n'est plus Arlette Laguiller qui veut pendre les suppôts du grand capital avec leurs boyaux. Nathalie Arthaud a repris le flambeau de Lutte ouvrière qui continue de jouer les mouches du coche dans le jeu politique français. Samedi, elle achevait la première phase de sa précampagne présidentielle à la MJC de La Grande-Garenne à Angoulême. Une cinquantaine de militants ont fait le déplacement pour entendre cette rhétorique qui berce le monde ouvrier depuis près de quarante ans.
Encadrée par Jean-Pierre Courtois, le représentant local, la tête de pont de l'ultragauche l'affirme : « Il faut faire changer la peur de camp. » Comprendre que c'est aux patrons de trembler, pas aux salariés. Nathalie Arthaud rêve du grand soir. De ce jour où le peuple ira reprendre sa liberté dans la rue. « Il faut une explosion sociale. Même si je constate qu'aujourd'hui, on prend plus les coups qu'on est capable de les rendre. Mais je ne crois pas que les choses soient verrouillées. C'est une question de rapport de force. » Elle veut un mouvement imprévisible, pas comme celui contre la réforme des retraites qui, malgré son ampleur, n'a pas fait bouger le gouvernement. « Il n'y avait pas assez de grève. Il aurait fallu faire contagion. Que les patrons subissent une autre pression. »
Moins à l'aise pour l'instant qu'Arlette Laguiller, Nathalie Arthaud fait un tour de France pour se faire connaître en reconnaissant que l'héritage laissé « est une grande responsabilité ». « Mais elle m'a ouvert la voie. Je n'ai plus qu'à mettre mes pas dans les siens. » Mais la pasionaria de LO est toujours présente. « Elle se fait discrète mais elle suit la campagne de très près. » Face aux militants charentais, Nathalie Arthaud a fait l'effort de s'intéresser aux problèmes locaux. Schneider, Mécaplast, la fermeture des papeteries nourrissent son discours complété par les 11 milliards de trésorerie du groupe PSA. « Un groupe dont les placements financiers rapportent autant que le produit de l'exploitation. » Et pour elle, comme pour Arlette en son temps, la solution « c'est d'interdire les licenciements ». Il faut continuer le combat !