La Montagne (Clermont-Ferrand) : Arthaud, "seule candidate communiste"
Le meeting de Lutte Ouvrière a réuni 250 personnes à la Maison du peuple, hier soir
Nathalie Arthaud porte pour la première fois les couleurs de Lutte ouvrière à l'élection présidentielle, dans la foulée d'Arlette Laguiller, six fois candidate. A Clermont-Ferrand, hier soir, elle a fait entendre la voix des travailleurs et de la singularité.
La représentante régionale Lutte ouvrière, Marie Savre, la présente comme « la seule candidate communiste de cette présidentielle » et Nathalie Arthaud chevauche à l'envi ce cheval de bataille. « Citez-m'en un autre » suggère la candidate en réponse à un journaliste lors de la conférence de presse précédant son meeting, hier soir, à la Maison du peuple. Avant de poursuivre : « Pas Mélenchon, il le dit lui-même. Il récuse cette étiquette comme il récuse aussi celle d'extrême-gauche. Lui, il se dit socialiste. Il est Mitterrandôlatre, les choses sont claires. Quant au NPA, Olivier Besancenot ne s'est jamais revendiqué du communisme, et Philippe Poutou ne le fait pas non plus. Le parti communiste, lui, n'a pas de candidat... »
Ces deux-là, cependant, « ce ne sont pas mes adversaires. Les travailleurs ont le droit d'avoir le choix. Simplement, il y a entre nous une différence fondamentale : nous savons, nous, qu'aucun gouvernement n'a changé le sort des travailleurs. Leurs luttes seules peuvent changer leur sort ». La candidate « communiste révolutionnaire » s'est élevée contre le message du « vote utile » : « oui, les travailleurs ont bien des raisons de rejeter Sarkozy et de vouloir se débarrasser de ce président des riches qui est, depuis ce soir, (Hier, NDLR) un candidat pour les riches. Mais ils n'ont aucune raison de faire confiance à François Hollande pour défendre leurs intérêts. Hollande, lui aussi, fera ce que le patronat décidera. Et combien de travailleurs avaient placé leurs espoirs en Mitterrand qui promettait de changer la vie ? »
Au fond de la salle, une longue banderole rouge proclame que « l'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes ». Et la jeune enseignante d'économie et de gestion d'Aubervilliers s'emploie à « maintenir l'espoir révolutionnaire et le faire entendre dans cette élection ». elle verse quelques chiffres au débat : « sur ces trois années de crise, pendant que les salaires stagnaient et que le pouvoir d'achat dégringolait, la rémunération des patrons du CAC 40 a augmenté de 34 % ».
« On n'est pas dans le même bateau... »
Elle évoque « les records annoncés par Michelin cette année, avec 1,45 milliard de profit. Mais les salaires des ouvriers vont-ils être augmentés de 10 ou 20 % ? Ceux qui s'adressent aux citoyens en général ou aux Français mélangent les riches et les pauvres, les travailleurs et les rentiers, les exploités et les exploiteurs. Ils veulent nous faire croire que nous sommes dans le même bateau, mais dans ce bateau il y a ceux qui se prélassent sur le pont et les soutiers qui rament ». Porte-parole de ces derniers, la candidate LO appelle à renverser le système capitaliste et à combattre l'injustice sociale.
Et si l'heure est encore à la recherche des 500 signatures pour lui permettre de se présenter, « on ne vend pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué, mais on est optimistes ».
Laurence Coupérier