La Voix du Nord : Lutte ouvrière présente « le programme de lutte » de sa candidate
Après le coup d'envoi du Front de gauche, mi février, Éric Pecqueur et Cécile Abad ont présenté le programme de Lutte ouvrière.
| PRÉSIDENTIELLES |
Alors que la réunion publique du Front de gauche avait fait salle comble quelques jours auparavant, celle des représentants de Lutte ouvrière, derrière la candidate à l'élection présidentielle Nathalie Arthaud, s'est tenue « en acoustique ».
Une douzaine de personnes s'était déplacée pour entendre et échanger avec Cécile Abad et Éric Pecqueur, porte-parole du parti. Mais force est de constater que la classe ouvrière peine à se mobiliser.
Après avoir fait le point sur la crise actuelle, « les injustices et les inégalités » qu'alimente encore le gouvernement, Cécile Abad a fustigé les idées portées par les différents candidats à l'élection présidentielle. De droite ou de gauche, Sarkozy ou Hollande, quel que soit l'élu, les émissaires de Nathalie Arthaud n'espèrent pas « de quelconque changement » pour la classe ouvrière ils « agiront l'un comme l'autre en serviteurs de ceux qui ont vraiment le pouvoir ».
Se mobiliser pour lutter. C'est donc le mot d'ordre de Lutte ouvrière. « C'est la classe ouvrière, lorsqu'elle se mobilisera massivement, qui aura la force d'enlever leur pouvoir aux banquiers et aux grands patrons (...) Notre avenir n'est pas dans les urnes. Nous devrons nous défendre nous-mêmes. » Voilà pourquoi Nathalie Arthaud « ne présente pas un programme de gouvernement mais un programme de luttes pour les travailleurs ».
Qui se définit dans les grandes lignes par des mesures de lutte contre le chômage avant tout : - L'interdiction des licenciements. Et pour cela, « Il faut forcer le patronat à répartir le travail entre les travailleurs » en garantissant les salaires.
- L'embauche dans les services publics : dans les hôpitaux, les écoles, à la Poste, dans les transports. Voire même développer de nouveaux services publics, notamment dans le domaine du logement. « Pourquoi l'État, plutôt que d'aider sans compter le patronat, ne trouverait pas de quoi acheter les terrains, embaucher directement les maçons, les ingénieurs, les architectes ? ».
- Sur les salaires : imposer des augmentations de salaire comme des retraites, du RSA, des allocations et obtenir leur indexation sur les prix. « Tous les prix ont augmenté. Depuis 2005, le gaz a augmenté de 60 %. Et il faut rajouter l'augmentation des loyers, des charges, du carburant, des produits alimentaires. Tous les patrons trouvent tout à fait logique d'augmenter leurs prix, dès que celui de leurs achats augmente. Il n'y a que les travailleurs qui ne peuvent pas faire ça ».
- Sur le contrôle : « il faut que la lumière soit faite sur l'argent qu'il y a réellement dans les entreprises (...) Il faut supprimer le secret des affaires (...) Ce serait un premier pas pour contester le pouvoir de direction de la bourgeoisie, un premier pas pour contester la dictature du grand capital. » Cécile Abad et Éric Pecqueur ont invité les électeurs à porter « le programme de lutte » de Nathalie Arthaud. « Les élections servent à défendre et à affirmer des idées (...) Si les élections ne peuvent pas changer la vie, la lutte collective des travailleurs en a la force ».