Lor'Actu : Nathalie Arthaud : « obliger Mittal à préserver tous les emplois »
Nathalie Arthaud était en meeting à Nancy, l'occasion pour elle d'attaquer toujours plus le patronat mais aussi les deux candidats Nicolas Sarkozy et François Hollande. Crédit Photo : DR
INTERVIEW LOR'Actu.fr La candidate de Lutte ouvrière à l'élection présidentielle créditée d'environ 0,5% d'intention de vote dans les sondages peine à trouver sa place dans la campagne. Pourtant elle sillonne la France d'Est en Ouest pour tenir meetings, réunions publiques et rencontrer ses sympathisants. Ce samedi elle était à Nancy en Meurthe-et-Moselle. L'occasion pour elle de revenir sur le dossier ArcelorMittal ou l'avancée de sa chasse aux parrainages.
Vous êtes ce samedi à Nancy pour tenir un meeting, pourquoi ce choix ? Pensez-vous qu'il y a un potentiel électoral pour votre candidature dans cette ville ?
Nous nous adressons à tous les électeurs à l'échelle de tout le pays. Je sillonne les grandes villes depuis le mois de septembre. A Nancy nous avons une présence depuis toujours et c'est bien normal que je sois là.
Je vais essayer de défendre mon programme et de convaincre. Pas seulement pour ceux qui veulent voter pour moi mais aussi pour aller plus loin, pour faire passer l'idée qu'on se défende pour mener des luttes.
Aujourd'hui vous êtes créditée d'environ 0,5% d'intention de vote dans les sondages. Vous suivez votre courbe de près ?
Je défends mes idées et je n'en changerai pas. Je ne vais pas chercher à m'adapter à je ne sais quel courant ou quelle idée qui a le vent en poupe. On a nos idées et on n'en changera pas. On va jusqu'au bout et je me présenterai.
Jusqu'au bout on dénoncera ce fléau qu'est le chômage ou que sont les bas salaires et cette dictature patronale qui s'abat brutalement sur l'ensemble du monde du travail. Voilà, je la dénoncerai et je dis que les salariés ont la possibilité de défendre leurs intérêts.
Florange : « obliger ArcelorMittal à préserver tous les emplois »
Le dossier ArcelorMittal ici en Lorraine salariés, élus et syndicats depuis deux semaines. Quelle est la solution pour redémarrer Florange ?
Le minimum ça serait d'obliger ArcelorMittal à préserver tous les emplois et à assurer l'activité de ce haut-fourneau. A ce qu'on sait, tous ces grands groupes et c'est Mittal mais c'est aussi Peugeot-Citroën, Unilever, bref ce sont tous les grands groupes. Ils concentrent leur activité sur certains sites et pas sur d'autres, c'est comme ça qu'ils assurent leurs profits mirobolants. Ils sont prêts pour cela à sacrifier de l'emploi, le salaire, la vie de centaine de milliers de salariés.
Pour moi la seule issue de tout ça ce n'est pas de dérouler le tapis rouge à M. Mittal, de lui promettre des millions voir des centaines de millions ! C'est de le forcer, de le contraindre, de l'obliger à rabattre sur son taux de profits et à assurer le salaire de tous ceux qui ont contribué à la fortune de ce groupe.
C'est là-dessus que je me distingue des autres candidats y compris de Sarkozy évidemment mais de Hollande aussi. Li l'un, ni l'autre ne veulent contraindre tous ces grands groupes à quoi que ce soit alors qu'ils sont riches à milliards. Ils ont pompé l'argent public durant des années. La moindre des choses dans cette période de crise c'est de leur interdire de rajouter des chômeurs aux millions de chômeurs. Les interdire de licencier, obliger de maintenir les sites.
Etes-vous favorable au projet de loi déposé par François Hollande et le PS contre la désindustrialisation qu'il a promis aux ArcelorMittal ?
Je crois que ce projet de loi est du vent. Encore une fois on ne demande pas au patronat de s'engager, s'il n'y a pas de repreneur comment fait-on ? S'il y a un repreneur mais s'il ne veut prendre qu'un quart, que fait-on ? On laisse tous les autres perdre leur emploi ? Déposer un projet de loi ça ne coûte pas cher, mais là en l'occurrence pour ArcelorMittal c'est du vent.
Imaginez-vous un repreneur pour les hauts-fourneaux de Florange qui est prêt à marcher sur le numéro un mondial de l'acier ? C'est une promesse en l'air, c'est du vent voilà.
Les dernières annonces de Nicolas Sarkozy, qu'en pensez-vous ? Les promesses de Gandrange vont-ils le suivre éternellement ?
Tout ça vous l'avez remarqué, nous sommes en campagne électorale. Les promesses se multiplient pour les uns et les autres. Tout ça c'est le temps de la campagne. Je crois d'ailleurs que les travailleurs ont montré leur colère face aux promesses de Nicolas Sarkozy. Toutes leurs promesses cachent bien mal leurs mensonges.
Vous allez vous rendre sur le site de Florange ?
J'ai été sollicité mais je n'ai pas encore eu le temps de m'y rendre mais les camarades de Lutte Ouvrière y sont tous les jours et ils ont déjà apporté mon soutien. J'espère que je trouverai le temps effectivement d'aller les saluer. Pour l'instant il n'y a rien de calé, j'espère que je trouverai le temps. Ils ont évidemment toute ma solidarité.
Sarkozy doit-il revenir en Moselle et passer par Florange ?
Revenir sur le lieu du crime en quelque sorte ? (rires) ... ça ne changera rien mais je le crois capable de tout, de tout ce cinéma. Il pourra même enfiler un bleu d'ouvrier, ça ne changera pas pour autant sa politique. Sa politique c'est d'être au service du grand patronat et les travailleurs, ils n'ont aucune confiance à avoir, surtout chez ArcelorMittal avec les promesses de Gandrange.
Parrainages : « la semaine prochaine ça peut être bon »
Pour vos 500 parrainages, où en êtes-vous dans la collecte des signatures d'élus nécessaires à votre candidature pour l'élection présidentielle ?
Nous sommes en train de les collecter, les choses se passent bien. Je ne pourrai pas vous dire combien aujourd'hui exactement car je ne suis plus à Paris depuis deux jours mais je pense que d'après les derniers chiffres, la semaine prochaine ça peut être bon. Je serai candidate je pense mais je préfère ne pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué.