L'Est républicain :  Petit budget, gros mental

Malgré son sourire, Nathalie Arthaud ne rigole pas. Photo Jean-Luc GILLMÉ

NATHALIE ARTHAUD en a 610, sans compter les parrainages que certains maires ont envoyés directement au Conseil constitutionnel. C'est donc le leader de Lutte ouvrière qui se présentait hier soir devant 400 militants et sympathisants de l'Aire urbaine, mais aussi la candidate du parti à l'élection présidentielle.

Nathalie Arthaud la prof d'économie n'est pas en vacances. Elle est « en congé électoral ». Son employeur, l'Etat, ne peut lui refuser ces 20 jours. Contrairement à d'autres prétendants entrés très tôt dans le vif du sujet, « la campagne (de LO) ne fait que commencer ». Aussi n'accorde-t-elle aucune importance aux intentions de vote. « Je ne les regarde pas ».

Pour emporter l'adhésion des « travailleurs », Nathalie Arthaud « la communiste » compte moins sur le mini-budget du parti que sur la radicalité de ses propositions (lire ci-contre). Ici, « pas de boîte de com et pas de publicitaire ». Tout est fait maison, précise son attaché de presse... bénévole.

Les seules dépenses pour lesquelles le mouvement accepte de casser sa tirelire sont l'impression de la propagande et la location des salles. Une souscription a déjà permis de collecter « 100.000 euros », qui viendront s'ajouter aux 800.000 euros plafonnés que l'Etat remboursera contre factures à tous les candidats, peu importent leurs scores. Ce qui ferait donc une campagne « bon marché » à 900.000 euros. Pas de quoi se payer un trois-étoiles tous les soirs. « Neuf fois sur dix, Nathalie est hébergée chez des militants ». Son garde du corps, doué d'une oreille façon SPHP (Service de protection des hautes personnalités), est également « un camarade ».

En plus de recouvrir tous les panneaux d'affichage libre de la cité des Princes, le sourire carnassier de la Drômoise recouvrira cette semaine un certain nombre d'écrans. C'est en effet à partir de mardi que les chaînes et les radios ont l'obligation d'accorder le même temps de parole à tous les candidats, du plus gros à Arthaud. Conséquence : « Les grandes chaînes suppriment des émissions politiques ». La candidate de LO a tout de même eu droit à un quart d'heure d'exposition courant janvier sur TF1... à 2 h du matin, rappelle un proche.

En ne dormant pas à Montbéliard, hier soir, Nathalie Arthaud a économisé le prix d'une chambre d'hôtel. Mais aussi, et cela lui en a certainement coûté, la bonne ambiance du repas et de la soirée dansante à la Roselière.

La nouvelle Arlette retrouvera ses élèves « après les vacances de Pâques ». Sauf si...

Damien BESSOT

Pan sur Peugeot !

Nathalie Arthaud n'a rien perdu de la verve d'Arlette Laguiller. Pour preuve, ses discours commencent toujours par « Travailleurs, travailleuses ». « Ce n'est pas qu'une façon de parler, c'est toute une politique. Notre point de vue, c'est celui des travailleurs ». Elue, l'une de ses premières décisions sera d'interdire les licenciements. A Montbéliard, la candidate tient un bon exemple : « PSA veut nous faire pleurer, mais PSA serait obligé d'utiliser une partie de ses bénéfices pour garantir les emplois », quitte à faire payer, dit-elle, la famille Peugeot. Arthaud promet aussi d'instaurer l'échelle variable des salaires : « Quand le prix du gaz ou de l'essence augmentent, les salaires augmente d'autant ». Les ouvriers et autres employés de base seraient décidément à la fête, puisqu'en plus d'un SMIC à 1.700 euros net, leur reviendrait le droit de contrôler leur entreprise. Et l'Etat pour les fonctionnaires, que la présidente Arthaud embauchera « tant qu'il en faut ».


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