La Voix du Nord : Nathalie Arthaud , candidate LO, rêve d'un nouveau Mai 68 (VIDÉO)
Cinq cents militants, rejoints par des défenseurs des sans-papiers, ont écouté Nathalie Arthaud à Lille. PHOTO CHRISTOPHE LEFEBVRE
POLITIQUE
Au lendemain du « mega meeting » de Jean-Luc Mélenchon à Lille, difficile de ne pas interroger Nathalie Arthaud sur l'audience de ce rival qui lui fait de l'ombre à la gauche de la gauche. Celle qui a succédé à Arlette Laguiller comme candidate de Lutte ouvrière ne se sent pas pour autant victime d'un vote utile que capterait Mélenchon. ...
« C'est vrai qu'il déclenche de l'enthousiasme alors que Hollande suscite la méfiance, mais ceux qui se raccrochent à Mélenchon comme à une bouée risquent d'être déçus », prévient Nathalie Arthaud. Plus que sceptique , elle prédit une alliance Mélenchon - Hollande d'ici au 6 mai... et la désillusion au bout du chemin.
Pour le second tour, la candidate de LO laisse planer le doute. « Nous prendrons la décision au soir du premier tour en fonction des scores. » Elle se refuse à considérer François Hollande et Nicolas Sarkozy comme « bonnet blanc et blanc bonnet » assure « bien voir les différences et le fait que la campagne de Nicolas Sarkozy repose sur le mépris des travailleurs » mais estime que « François Hollande ne s'engage à rien vis-à-vis des travailleurs, ses promesses se dégonflent parce qu'il multiplie les concessions au monde de la finance ».
Les luttes d'abord
Pour marquer sa spécificité, Nathalie Arthaud met en avant un programme radical. En première ligne, l'interdiction des licenciements pour « placer un garrot sur l'hémorragie des emplois », le SMIC à 1 700 euros « tout de suite » et le contrôle des salariés sur les entreprises.
La porte-parole de Lutte ouvrière défend surtout une méthode : la lutte. « Au-delà des alternances électorales, les revendications, il va falloir les arracher par des grandes luttes. Les élections ne remplacent pas les luttes, mais peuvent les préparer », martèle la prof d'économie en congé électoral.
En guise de troisième tour social, Nathalie Arthaud rêve à voix haute d'un « Mai 68 ou d'un Mai 36 », seul moyen, à l'entendre, de faire reculer la misère et la précarité parmi les « travailleurs ».
DOMINIQUE SERRA