DNA : « Un écho pour les luttes »
Géraud Ferry défendra les couleurs de Lutte ouvrière dans la 3e circonscription du Haut-Rhin.
Pour Géraud ferry, candidat aux élections législatives sous l'étiquette Lutte ouvrière, la campagne électorale doit servir de caisse de résonance pour les idées de progrès social en faveur des travailleurs et de préparation pour les luttes à venir dans la rue afin d'améliorer les conditions de vie et de travail des employés.
L'objectif final peut surprendre dans la bouche d'un candidat à une élection, mais pour Géraud Ferry, « la victoire le 10 ou le 17 juin, ce n'est pas l'objectif principal ». Pour le candidat Lutte ouvrière (LO), « la victoire des travailleurs viendra des luttes ultérieures, comme en 1936 quand les travailleurs ont su par leur mobilisation faire peur aux patrons et obtenir deux semaines de congés payés, ou en 1968 ».
« C'est partout le patronat qui veut augmenter ses profits et décide de baisser les salaires, de réduire la qualité de vie des travailleurs ou même de les licencier »
La campagne électorale de ce camarade de lutte d'Arlette Laguiller et Nathalie Arthaud (candidate aux dernières élections présidentielles) vise donc avant tout à préparer ces luttes à venir dans la rue, dans les bureaux et dans les usines. Des luttes, la circonscription qui regroupe le Sundgau et le canton de Huningue en a vu ces derniers mois avec la fermeture des sites Clariant Huningue et Peugeot Motocycles de Dannemarie, ou encore les réductions d'effectifs à Lufthansa Technik et Jet Aviation. Pourtant, Géraud Ferry refuse de disjoindre les conflits sociaux locaux, alsaciens ou frontaliers, des luttes ailleurs en France : « C'est partout le patronat qui veut augmenter ses profits et décide de baisser les salaires, de réduire la qualité de vie des travailleurs ou même de les licencier ».
Interdire les licenciements
D'où l'une des idées maîtresses du programme défendu par Nathalie Arthaud et repris par Géraud Ferry : « interdire les licenciements ». Une idée proclamée par les porte-parole de Lutte ouvrière depuis de nombreuses années et qui a été reprise par d'autres formations politiques. « C'est aussi ça notre rôle : faire passer les idées, animer le débat, donner aux travailleurs les arguments et les inspirations pour lancer les luttes et faire progresser leur cause. À travers la campagne, nous préparons les luttes à venir et nous donnons un écho aux idées de ces futurs combats », affirme le candidat.
Face aux problématiques mises en avant par les grands partis, Géraud Ferry affirme avec ses camarades de lutte que « ce n'est pas aux classes populaires de payer les conséquences de la crise : la dette a été faite au profit des grands groupes industriels et financiers, c'est à eux qu'il revient de rembourser ces montants ».
L'action syndicale
C'est afin de faire progresser ces idées et pour que chaque électeur puisse voter selon ses envies, ses convictions et ses idées qu'il se présente donc devant les citoyens. Alors que d'autres candidatures de la « gauche de la gauche » ont émergé dans la 3e circonscription, Géraud Ferry note une différence majeure : « le Front de gauche veut peser sur l'action gouvernementale, tandis que nous, nous sommes convaincus que ce sont les travailleurs qui feront avancer leur cause ».
D'où également sa présence sur le terrain lors de tous les conflits sociaux récents. « À partir du moment où on est communiste révolutionnaire, il va de soi de s'engager syndicalement, on se doit d'être sur ce terrain-là, avec ses collègues qui ne veulent pas être résignés ». Un travail de longue haleine, car il estime essentiel « que ce soit l'ensemble des travailleurs qui prennent conscience que leurs emplois sont menacés et pas seulement ceux concernés par les fermetures de site et qui ne peuvent plus lutter, faire grève, manifester et faire pression sur les patrons ».
Les puissances de l'argent
Avec ce positionnement, Géraud Ferry va jouer la cohérence pendant sa campagne en préférant les discussions avec les travailleurs à la sortie des usines ou dans les quartiers plutôt qu'en organisant de grandes réunions publiques. Et à ceux qui pourraient lui répondre qu'ils veulent donner une majorité au nouveau président, le candidat Lutte ouvrière a déjà la réponse en forme d'interrogation : « Est-ce que l'on vote pour donner une majorité dans une assemblée nationale soumise aux puissances de l'argent, ou pour défendre des idées qui nous font avancer dans le bon sens ? On ne fera pas l'économie des luttes dans les mois et les années à venir, alors autant commencer de suite en glissant un bulletin Lutte ouvrière dans l'urne le 10 juin prochain ».
Matthieu Hoffstetter
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Le ticket
Géraud Ferry est âgé de 38 ans. Né à Mulhouse, il y réside aujourd'hui encore et travaille à Huningue, comme technicien au sein du centre de biotechnologie de Novartis. Vivant en union libre, il a déjà été deux fois engagé dans une campagne électorale, lors de deux échéances municipales à Mulhouse. Militant Lutte ouvrière depuis quinze ans, il est également délégué syndical au sein de son entreprise.
Michel Thirode, son suppléant, est originaire de Sochaux.