Nord Littoral :  Lutte ouvrière prête pour la campagne

Les candidats L.O. des 5e, 6e et 7e circonscriptions du Pas-de-Calais et David Haillant, candidat de la 14e du Nord.

Vendredi dernier, la section Côte d'Opale de Lutte ouvrière présentait ses candidats pour les élections législatives qui auront lieu les 10 et 17 juin.

Se présentent: sur la cinquième circonscription du Pas-de-Calais: Nicolas Fournier, instituteur de 33 ans, déjà candidat aux Cantonales en 2004, et son suppléant, Eric Robaszkiewicz, postier; sur la sixième circonscription: Vincent Magniez, professeur de lycée de 47 ans, trois candidatures aux législatives à son actif, et sa suppléante, Valéry Legrand, enseignante en collège de 38 ans; sur la septième circonscription : Françoise Millot, enseignante de 59 ans qui a été candidate à toutes les élections depuis 1971 et sa suppléante, Annie Vermeulen, ouvrière en confection dans une grande usine calaisienne et enfin sur la 14e circonscription du Nord (Gravelinois), David Haillant, ouvrier de maintenance en lycée de 34 ans et son suppléant, Jean-Luc Waringhem, ouvrier de la chimie.

Pour ces candidats, l'objectif est clair : « Il faut poursuivre de transmettre les exigeances voulues par notre candidate aux Présidentielles, Nathalie Arthaud, et défendre notre programme politique », affirment-ils. Un programme composé de quatre grandes lignes : « Imposer l'augmentation générale des salaires et des retraites ; interdire les licenciements; imposer à l'Etat l'embauche massive dans le service public nécessaire pour la population et construire un million de logements, ce qui pourrait créer massivement de l'emploi ». Avec quel financement ? « En prenant une partie des millards de bénéfices que se font les grandes entreprises. Chaque année, elles sont bénéficiaires mais continuent à licencier ». Entreprises locales visées : Arcelor, Deseilles, Noyon, Arcopal... « Contrairement à d'autres partis de gauche, nous, on sait qui cibler », déclare Vincent Magniez.

Un « système électoral antidémocratique

Les candidats de Lutte Ouvrière se veulent être les « défenseurs de la population laborieuse et des travailleurs qui survivent au lieu de vivre contre le patronat et les banquiers ». Pour eux, il faut impérativement que « ceux qui vivent de leur travail prennent le contrôle de leur entreprise ». Pour eux, « voter pour Lutte Ouvrière, c'est affirmer l'existence d'un courant communiste révolutionnaire qui ne respecte pas la propriété privée de l'actionnaire qui transforme la société en une maison de fous ». Pas question pour eux de « payer la dette » car « ceux qui doivent la payer, c'est ceux qui l'ont créée ». Surtout, les candidats L.O. tiennent à affirmer qu'ils ne « font pas de la politique professionnelle » et n'ont pas de « plan de carrière politique ». Tout ce qu'ils veulent, c'est « changer un système malade où l'économie doit être au service de l'humain et non l'inverse » par le biais de la lutte et la révolution et non par les urnes : « Ce système électoral est antidémocratique car il ne représente pas tous les courants de pensée en France, juge Françoise Millot. On peut faire bouger les choses autrement que par des élections. L'Histoire a montré que des grands changements sociaux ont été réalisés grâce aux mouvements populaires dans la rue : Mai 68, Juin 36... La mobilisation est extrêmement importante.

Aujourd'hui, la crise provoque la colère de la population. C'est par un programme de lutte que nous pourrons changer de système ».

Nathalie Arthaud avait réalisé un peu plus d'1% des voix au premier tour de la Présidentielle. Ce score n'inquiète pas les candidats locaux de L.O. : « Nous ne sommes pas là pour faire de la figuration mais le score ne nous importe peu. Le but est surtout de transmettre nos messages. A long terme, je pense que cela marchera. Il est important qu'il y ait aussi une opposition de Gauche au nouveau gouvernement », pensent-ils confiants. Les candidats et sympathisants L.O. ont débuté leur campagne ce lundi. Ils auront comme mission de convaincre les électeurs que « le changement de société ne peut se faire que par la lutte », contrairement à ce que propose le Front de Gauche ou le Parti Socialiste, qui « ne constestent pas assez la vision capitalistique de notre société et s'inscrivent dans la logique de ce système », et surtout de les convaincre de ne pas céder aux sirènes du Front national : « Nous luttons contre ces idées-là. Les travailleurs qui ont voté pour Marine Le Pen aux Présidentielles ne se rendent pas compte qu'ils ont voté pour leur pire ennemie », conclut Françoise Millot.

Vincent PIHEN


URL: https://ip231.ip-5-135-94.eu/en-regions/nord-pas-de-calais/revue-de-presse/article/lutte-ouvriere-prete-pour-la