La Voix du Nord :  10e circonscription du Pas-de-Calais : pour Marie-Danièle Duquenne (LO), qu'importe le score, « il faut lutter »

«Ce ne sont pas les élections qui vont changer les choses», croient Marie-Danièle Duquenne et Jean-Paul Wallard.

LÉGISLATIVES

En 1978, elle était déjà candidate dans la circonscription de Béthune. Autant dire qu'à 62 ans, Marie-Danièle Duquenne, Auchelloise d'origine, retraitée de l'enseignement, connaît parfaitement le territoire. Elle qui est venue à notre rencontre avec son suppléant Jean-Paul Wallard moque ses adversaires André Flajolet (UMP) et Daniel Boys (Divers gauche) qui ont oublié le leur sur leur affiche de campagne.

Comme les autres candidats de Lutte ouvrière, elle dit vouloir régler son pas sur celui de Nathalie Arthaud, candidate du parti pendant la présidentielle.

La seule à gauche à ne pas avoir appelé à voter François Hollande. « Le gouvernement a beau avoir changé, ceux qui dirigent la société, les banques, les grands industriels, n'ont pas changé », constate la représentante d'extrême gauche. Elle qui continue à militer pour l'interdiction de licenciements. « Ça, ce n'est pas ce gouvernement, même de gauche, qui le fera ! » Elle soutient toujours la répartition du travail entre tous, persuadée qu'il suffirait pour cela de mieux répartir les richesses, en particulier les fortunes des grands patrons du CAC 40. « L'emploi, le salaire, c'est vital, insiste-t-elle. Quand on n'a pas d'emploi, on n'a plus de salaire, plus de vie. La première chose importante, c'est le travail. Mais un vrai travail, pas la précarité comme il existe souvent, notamment chez les femmes. » C'est possible parce que l'argent, « il y en a » avec les richesses créées par les ouvriers. Or ce qui révolte son suppléant c'est qu'« il y a de plus en plus de pauvres et de plus en plus de milliardaires ».

Comprenez donc que pour les candidats LO, le combat continue. Et il est loin d'être fini. « C'est contre les patrons qu'il faut lutter parce qu'eux ont l'argent. Si on s'unissait, on pourrait lutter. » Ils ne croient pas au repli sur soi mais à la lutte internationale. Le combat ouvrier n'a pas de frontière. C'est notamment en ça que « le Front national est un poison pour la classe ouvrière ». Car l'extrême droite prône le protectionnisme et d'ailleurs, il brille par son absence pendant les mouvements de grève.

Opposé au FN donc, à la droite bien sûr, à cette gauche qui « a trahi les ouvriers sous Mitterrand », que pense le mouvement ouvrier de Mélenchon ? « Il a été ministre du gouvernement Jospin qui est celui qui a le plus privatisé. (...) Nous, on pense que ce n'est pas par les discours qu'on va changer le sort des travailleurs. Il faut lutter ! » Ce même si la candidate de la 9e sait déjà que son score sera faible. « Ça n'est pas important. Ce ne sont pas les élections qui changent les choses. Tout ce qui a été acquis l'a été par les luttes : les congés payés, les 35 heures, le droit des femmes. » Alors on les interroge : pourquoi se présenter ? Wallard : « On profite des élections pour défendre nos idées. Pour les défendre, il faut avoir un minimum d'accès aux médias. »

CH.-O. B.


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