DNA : Roland Robert (Lutte ouvrière) : « Interdire les licenciements »
Roland Robert, candidat de Lutte ouvrière.
Secrétaire général de la CGT chez General Motors, Roland Robert, 54 ans, domicilié à Illkirch-Graffenstaden, est le candidat de Lutte ouvrière dans la 2e circonscription. Déjà présent aux législatives de 2007 - ainsi qu'aux régionales, municipales et cantonales depuis le début des années 90 -, il avait alors recueilli 0,77 % des suffrages. Un petit score, qui importe peu à celui qui est davantage là « pour défendre des idées » que pour engranger des voix.
Encarté à Lutte ouvrière depuis 33 ans, il sait de quoi il parle quand il évoque la situation actuelle de General Motors. Originaire d'une famille ouvrière de Metz - son père travaillait dans la sidérurgie lorraine -, Roland Robert a intégré GM en 1978. Après avoir travaillé dans la maintenance, il est aujourd'hui agent de fabrication. « Il y a de plus en plus de gens qualifiés qui sont reclassés en production. En 1979, nous étions 3 000 chez GM ; aujourd'hui, nous ne sommes plus que 990, malgré les sept jours de RTT en moins, le blocage des salaires et la fin de la prime d'intéressement qu'on nous a fait avaler, en dépit des profits réalisés », déplore celui qui voit dans la situation de General Motors un symbole de l'état d'esprit actuel, « qui favorise les parasites qui vivent sur le dos autres ».
« Interdiction des licenciements, répartition du travail entre tous et hausse immédiate des salaires à 1 700 EUR nets » sont les trois principaux axes de sa campagne. Roland Robert plaide également pour donner la priorité à l'éducation, en augmentant le nombre de places en crèche et en embauchant des enseignants. Pour arriver à ses fins, il ne voit qu'une solution : la reprise du pouvoir par les travailleurs. « L'émancipation des travailleurs ne se fera que par les travailleurs ; la solution ne viendra ni des politiques, ni des organisations syndicales, car ce ne sont pas eux qui décident aujourd'hui », martèle-t-il, pointant du doigt « les gros donneurs d'ordres », que Roland Robert, qui se définit volontiers comme « communiste révolutionnaire », voit comme des suppôts du système.
Aux yeux du candidat, qui appelle sans ambages à « renverser cette société », « interdire les licenciements serait une mesure de salut public. Actuellement, on est en train de jeter des dizaines de milliers de gens dans la misère sociale. Si l'on continue comme cela, on va droit dans le mur ».
Valérie Walch
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Circonscription 2 : Bourse-Esplanade-Krutenau, Meinau, Neudorf, Neuhof, ville d'Illkirch-Graffenstaden.
Circonscription 2 : Bourse-Esplanade-Krutenau, Meinau, Neudorf, Neuhof, ville d'Illkirch-Graffenstaden.