Le Républicain lorrain : Catherine Lainez : « Je ne peux pas accepter l'inacceptable »
Quand elle n'est pas accaparée par son métier d'enseignante, Catherine Lainez aime se plonger dans la lecture de romans historiques, de récits sur les mouvements ouvriers dans le monde. Photo Thierry SANCHIS
Déjà présente aux Législatives de 2002 et 2007 à Thionville Est, Catherine Lainez se posera en candidate Lutte ouvrière dans la 7e circonscription. Rencontre avec une femme posée mais déterminée.
Le cheveu court, l'oeil visionnaire, la voix posée mais décidée, le sourire généreux mais ambitieux, sans artifice, Catherine Lainez rappelle inévitablement l'ancienne chef de file de Lutte ouvrière Arlette Laguiller. Même si la candidate aux prochaines législatives de Boulay-Saint-Avold se définit aussi comme « une vieille militante », la comparaison s'arrête là.
Une révolte de fille
Née en Saône-et-Loire au sein d'une fratrie de cinq enfants, Catherine Lainez est « habituée à bouger » avec les mutations de son papa, électronicien dans l'aviation civile, et ses propres affectations professionnelles. Elle goûte à sa première révolte « u ne révolte de fille » dès l'école maternelle avec la séparation des classes de filles et de garçons. « Je n'admettais pas cette division alors que dans la société je jouais avec mes camarades garçons. Cela a duré jusqu'en seconde. » Les années lycée lui donnent l'occasion d'affirmer ses points de vue, notamment son désaccord de supprimer le sursis accordé aux étudiants appelés sous les drapeaux. « J'étais en terminale. Je me souviens de grèves, de discussions et de manifestations dans la rue. ».
Dans les années 70, elle étudie l'histoire à Chambéry puis à Lyon et se laisse porter par le courant communiste révolutionnaire. Sa lutte pour défendre les classes populaires et son implication dans la propagande s'affirment avec le temps.
Convaincue que « les luttes payent plus qu'en passant par les urnes » mais qu'« il est aussi important de se battre en usant de son bulletin de vote », la prof d'histoire-géo de Rombas ne peut s'empêcher de lier les faits historiques avec les combats d'aujourd'hui.
Le Nationalisme « un poison mortel »
Elle évoque Napoléon, la Révolution de 1789, la Seconde guerre mondiale, l'avant et l'après mai 1968. « Les choses se répètent même si ce n'est pas dans le même contexte, ni de la même manière. Grâce aux luttes des hommes, il y a eu des changements. » Ex-candidate aux législatives de 2002 et 2007 à Thionville Est, la Mosellane d'adoption depuis 25 ans poursuit son combat dans la 7e circonscription contre le Front national, « un poison mortel pour la population », qui cherche « à diviser les travailleurs selon leurs origines et leur nationalité », contre le système capitaliste, contre les licenciements, pour la répartition du travail entre tous « en prélevant l'argent sur les profits des industriels et revenus des gros actionnaires. »
La fidèle des fidèles militantes de Lutte ouvrière admet vouloir « changer la société en plaçant la barre très haut » mais, d'après elle, des solutions existent pour lutter contre le chômage et la précarité. « Je ne peux pas accepter l'inacceptable ! ».
Odile BOUTSERIN.