Le Républicain lorrain :  Liliane Bas (LO) défend un programme de lutte

Liliane Bas, candidate de Lutte ouvrière, veut porter la voix de la colère des travailleurs. Photo RL

Comme il y a cinq ans, Liliane Bas, professeure d'histoire-géographie en région parisienne,repart au combat dans la circonscription de Saverne-Sarre-Union sous la bannière de Lutte ouvrière.

Liliane Bas repart au combat. Sous l'étendard de Lutte ouvrière, elle s'était déjà présentée il y a cinq ans dans la circonscription de Saverne-Sarre-Union. « C'est une région que je connais peu, reconnaît la professeure d'histoire-géographie d'un lycée de la région parisienne, à l'inverse de Strasbourg, où nous avons des camarades. » La militante, qui avait recueilli 1,50 % des suffrages en 2007, assume son parachutage. « Les problèmes, comme le chômage, les petits salaires, les licenciements, ne se déclinent pas localement, mais nationalement. » La candidate se déplace tout de même les week-ends en Alsace pour battre la campagne.

La révolution d'abord

A l'extrême gauche, les électeurs auront le choix entre deux candidates, Bénédicte Herrgott, sous les couleurs du Front de gauche, et Liliane Bas. Mais pourquoi une union ne s'est-elle pas mise en place ? « On défend des projets différents, tranche la militante de Lutte ouvrière. Le Front de gauche est lié au Parti communiste, qui se place dans une perspective électorale. Jean-Luc Mélenchon parle de révolution citoyenne. Mais ce n'est pas à l'Assemblée nationale, qui est une simple chambre d'enregistrement, que les travailleurs vont obtenir quelque chose. Nous, on en appelle aux luttes. »

Au côté d'Arlette Laguiller, Liliane Bas a commencé à militer en 1974. « Pour changer de système économique, affirme l'enseignante. Le capitalisme a fait son temps. Pour les peuples, il a été un progrès aux XVIIIe et XIXe siècles, mais il est aujourd'hui à bout de souffle. Il ne permet plus aux travailleurs de vivre décemment. Les deux tiers de la planète meurent de faim, huit millions de Français vivent avec moins de 900 EUR par moins. Les travailleurs doivent donc se battre. »

Une utopie ?

Cette révolution est-elle utopique ? « Je ne militerais pas à Lutte ouvrière, sourit Liliane Bas. La seule solution est que les travailleurs prennent les choses en main et maîtrisent les banques. Par exemple, ils pourraient alerter des mauvais coups, des licenciements qui se préparent dans les entreprises. » Déterminée, la professeure d'histoire-géographie enchaîne : « Ça paraît utopique, mais on disait la même chose de la Révolution française. Tant qu'on ne changera pas le système, rien ne changera. Même François Hollande ne veut pas s'attaquer au patronat. »

Militante de longue date, Liliane Bas, bientôt retraitée, y croit plus que jamais. Elle sait que le combat (des urnes) est difficile. « Nous ne sommes pas dans une période propice. Les travailleurs sont démoralisés. Même avec le nouveau président de la République, ils savent à quoi s'en tenir. Leur sort n'a jamais changé, même avec la gauche. Michel Sapin (le nouveau ministre du Travail et de l'Emploi) a déjà prévenu que le petit coup de pouce au Smic n'en sera pas un. Mais tout peut changer aujourd'hui. En 1936 ou en 1968, on disait aussi que la société ne pouvait pas évoluer. » Surtout, la candidate ne veut laisser les voix de la colère et du désespoir au FN.

Jonathan BREUER.


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