Nord Eclair : Nathalie Baudrin (LO), l'opposition de gauche
Nathalie Baudrin et son suppléant Yoann Mathieu arborent les couleurs de Lutte ouvrière sur les terres de Marc-Philippe Daubresse.
Le parti politique, qui a si longtemps poussé derrière Arlette Laguiller, aime miser sur ses militantes. C'est le cas dans la quatrième circonscription où une militante de longue date, Nathalie Baudrin, défend les couleurs de Lutte ouvrière.
Dans une quatrième circonscription du Nord rivée à droite, la candidate LO à la présidentielle n'a récolté que 169 voix au premier tour.
Soit 0,51 % des 75 000 suffrages exprimés. Pas de quoi pourtant faire dévier de sa voie Nathalie Baudrin, institutrice à Wazemmes : elle veut mettre ses pas « dans les pas de Nathalie Artaud ».
Il s'agit d'une voie programmatique, bien sûr. « Malgré un petit score le 22 avril, on est des porte-drapeaux. Nos idées seront présentes car on aura essayé de les faire passer durant la campagne », explique le suppléant LO Yoann Mathieu, instituteur lillois de 36 ans. Les deux candidats défendent donc l'interdiction des licenciements ; des salaires, prestations et allocations indexés sur la hausse des prix ; le partage du travail ; le contrôle des entreprises par les travailleurs ; la levée du secret bancaire ; le renforcement du secteur public... « On est les seuls à se dire encore communistes, affiche le suppléant. Ces idées, nous ne les avons pas mises dans notre poche, ce sont elles qui feront changer la société. » Dans la circonscription du député sortant Marc-Philippe Daubresse (UMP), Nathalie Baudrin entend dénoncer « la politique contre les travailleurs du gouvernement Sarkozy ». Mais elle ne compte pas pour autant signer un blanc-seing au nouveau président Hollande. « On ne croit pas non plus à la politique du Parti socialiste qui ne changera rien pour les travailleurs, lance cette militante de longue date, déjà présente sur une liste Lutte ouvrière à la municipale lilloise de 1983. Il ne faut pas qu'il n'y ait qu'une opposition de droite, il faut aussi une opposition de gauche. » Une intransigeance poussée à l'extrême puisque, dans la perspective où elle serait absente du second tour, la candidate LO, qui « ne votera sûrement pas Daubresse », n'a pas non plus « envie de cautionner la politique socialiste d'austérité ».
J.G.