Le Républicain lorrain :  Yann Lucas (LO) : changer le rapport de force

Yann Lucas était hier en zone piétonne pour aller à la rencontre des citoyens et faire passer ses idées. « Les travailleurs sont la force de notre société. » Photo Thierry NICOLAS

Candidat de Lutte ouvrière, Yann Lucas veut donner la parole aux travailleurs, qui sont pour lui la force de la société. Sur le terrain, souvent, les idées sont partagées, avec une dose de fatalisme.

La distribution de tracts en ville, Lutte ouvrière (LO) connaît. Depuis plusieurs années, les militants arpentent les marchés et sont présents à Sarreguemines tous les deux mois. « En période électorale, c'est un peu plus appuyé, explique Yann Lucas, mais on ne fait pas seulement de politique pendant les élections, on s'adresse aux travailleurs tout le temps. » Yann Lucas est rôdé à l'exercice. Il s'est installé au bout de la zone piétonne pour faire passer son message. Celui d'un candidat aux législatives lucide, déterminé à marteler que les travailleurs doivent prendre le pouvoir au lieu de payer les errements du système capitaliste.

L'accueil est plutôt bon, même si souvent, les gens passent leur chemin. « Ce qu'on dit parle aux gens, même s'ils n'adhèrent pas forcément à nos idées. On parle du chômage, des travailleurs, du salaire. On sent qu'il y a une colère, une compréhension du fonctionnement du système. » Un système contre lequel se bat Lutte ouvrière. « Sarkozy était notre ennemi, Hollande est un faux ami », lance Yann Lucas à ses interlocuteurs. Convaincu que le nouveau président ne réglera pas le problème et soutiendra le capitalisme. La crise, ce sont les nantis qui doivent la payer, pas les travailleurs.

Le combat continu

L'interdiction des licenciements est également au coeur des propositions de LO. Une utopie, relève un badaud. « Avant les grèves de 1936, les congés payés étaient un rêve. Être payé à ne rien faire, inimaginable... Après les grèves, c'était une réalité. » Pour Yann Lucas, « tout est une question de rapport de force ». Mais le "petit peuple" semble parfois pessimiste. Une dame passe son chemin en entendant parler de lutte des classes. « Je suis retraitée... », dit-elle seulement. « Ça n'empêche pas d'être concerné, rétorque Yann Lucas, par la hausse des prix et la baisse des pensions. » Une autre accroche plus, acceptant volontiers le tract distribué et annonçant : « Je vais lire ça et méditer sur ce que vous me dites. » C'est bien là l'essentiel et le sens même de l'action de Lutte ouvrière.

Un homme d'âge respectable trace son chemin, puis se ravise et accepte d'engager la discussion. Tapant sur l'épaule de Yann Lucas, il lance en souriant : « On vote, mais ça ne change jamais rien. » C'est justement la raison pour laquelle LO se bat. « On n'est pas électoralistes, on mène un combat, pour véhiculer nos idées. » En espérant que ce sont les citoyens, les travailleurs, qui, un jour, s'en empareront.

Michel LEVILLAIN.


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