Nord Eclair :  Françoise Delbarre ne lâche rien

Françoise Delbarre a déjà été élue au conseil régional, en 1998, lors d'une élection proportionnelle à un tour.

Septième candidature aux législatives et toujours sous les couleurs de Lutte ouvrière pour Françoise Delbarre. Comme Nathalie Arthaud lors de la présidentielle, elle estime être la seule à défendre les idées du communisme.

YOUENN MARTIN > youenn [dot] martin [at] nordeclair [dot] fr

Si elle se présentait pour être élue, on pourrait dire de Françoise Delbarre qu'elle se prépare à vivre un septième échec. Mais elle défend depuis toujours les couleurs de Lutte ouvrière et ce parti d'extrême gauche n'a jamais eu l'ambition de prendre le pouvoir par les urnes. À quoi bon se présenter alors ? « Pour se compter, répond Françoise Delbarre. Le vote utile, c'est dire qu'on ne se laisse pas faire. Il faut que François Hollande sache que des travailleurs surveillent le gouvernement. On sème aussi pour l'avenir... »

Inévitable déception ?

La candidate de Lutte ouvrière a bien conscience que « le gouvernement est tout nouveau tout beau » et que les gens de gauche sont « super contents que Nicolas Sarkozy ait été dégagé ». Dans la foulée de la présidentielle, LO n'a pas le vent en poupe électoralement parlant - Nathalie Arthaud a obtenu 0,67 % des voix sur la huitième circonscription.

Mais elle prédit déjà une grande désillusion à gauche : « Si au moins on ne les avait jamais vus à l'oeuvre ! Mais il faut se souvenir que le gouvernement Jospin a été celui qui a le plus privatisé ! » Rien que sur la question du Smic, elle voit la déception poindre. « On nous annonce que le coup de pouce sera très limité et fonction de la croissance. » Pour le parti trotskiste de toute façon, les socialistes auront toujours le grand tort de s'accommoder du capitalisme. Un système à bout de souffle selon Françoise Delbarre. « Le système financier tourne comme un casino ! Il n'investit plus dans l'économie réelle. Il montre par tous les bouts son aberration complète. » Fabrice Peeters, son suppléant, est syndiqué CGT à la Redoute. Pour lui, l'entreprise roubaisienne illustre bien les dérives du capitalisme.

« Pour justifier des plans sociaux, on présente des résultats négatifs, explique-t-il. Redcats siphonne l'argent de la Redoute en lui faisant payer une redevance de marque et des loyers. Le Redoute doit payer pour utiliser le nom "Redoute" et des locaux acquis grâce à la richesse créée par les travailleurs ! » Les solutions prônées par Lutte ouvrière : interdiction des licenciements, contrôle des comptes des entreprises, partage du temps de travail, augmentation des salaires, des retraites et des minimas sociaux... « Notre programme, c'est vital », explique Françoise Delbarre.

Comme en 1789...

Un programme très proche de celui prôné par le candidat du NPA (Nouveau parti anticapitaliste). Pourtant, les deux mouvements d'extrême gauche n'ont pas uni leurs efforts. « Notre différence, c'est que nous sommes les seuls à ne pas avoir abandonné le communisme. On se réfère à une autre organisation de la société, mais pas à la caricature qui en a été faite. Le NPA, c'est un peu un cocktail, un panaché. » Si Marc Dubrul, ancien de LO, partage la même vision qu'elle, ce n'est pas le cas de tous les militants et responsables du NPA, explique-t-elle.

Lutte ouvrière en appelle à la révolte, évoque 1789, juin 1936, mai 68... « Quand les gens se mettent en colère, brusquement, l'impossible devient possible. » Françoise Delbarre compare aussi la classe patronale à la noblesse d'avant la Révolution française. « Pour l'instant, ils nous injectent le virus de la résignation. Mais on n'est pas résigné, on ne se laisse pas faire. » Des têtes vont-elles tomber ?


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