Le Pays : Belfort : Lutte ouvrière ne fait pas confiance au gouvernement
De gauche à droite, Yves Fontanive, suppléant de Christiane Petitot, au centre, et Jean-Marie Pheulpin. Photo Dominique Lhomme
« Nous continuons à défendre le programme présenté par Nathalie Arthaud aux présidentielles », a indiqué Jean-Marie Pheulpin, candidat de Lutte ouvrière avec Christiane Petitot, dans les deux circonscriptions du Territoire de Belfort, lors du meeting organisé hier, en fin d'après-midi, à la Maison du Peuple.
Auparavant, les deux candidats aux législatives avaient battu le pavé, faubourg de France, pour « populariser le programme de Nathalie Arthaud ».
Ils ont assuré défendre trois grandes revendications : l'interdiction des licenciements et le partage du travail entre tous sans perte de salaire ; l'augmentation des salaires, des pensions, des retraites, avec un Smic à 1700 EUR net ; la levée des secrets bancaires et le contrôle par la population et de la classe ouvrière.
« Aujourd'hui, un député de plus du PS, pour moi, cela ne change rien, a affirmé Jean-Marie Pheulpin. Il serait bien qu'il y ait une opposition qui vienne du monde du travail, face à un gouvernement de gauche, qui, j'en suis persuadé, ne sera pas au service des travailleurs, loin de là. Au contraire, je pense qu'il continuera une politique au service des banquiers, des spéculateurs et des grands groupes capitalistes. »
Pour le candidat, les « mesurettes » prises ou qui vont être prises sont insuffisantes, comme pour les loyers, pour le Smic, dont le coup de pouce prévu ne rattrapera pas dix ans de perte de pouvoir d'achat, comme pour les retraites où il n'est pas question de revenir à la retraite à 60 ans avec 37,5 années de cotisation...
« Les socialistes ne s'engagent sur rien pour le monde du travail, poursuit-il. Si le gouvernement n'a pas pris d'engagement ferme auprès des travailleurs menacés de plans sociaux, c'est qu'il ne le peut pas. » Et de rappeler que lutter contre les licenciements n'est pas le seul problème des salariés dont l'emploi est menacé, mais l'affaire de tous.
« C'est pourquoi nous sommes présents dans toutes les circonscriptions du pays, indique Jean-Marie Pheulpin, pour continuer un programme de lutte quelle que soit la couleur de l'assemblée.
Les travailleurs auront à se battre pour défendre leurs intérêts vitaux. Il faut nous préparer à nous défendre si nous ne voulons pas être sacrifiés sur l'autel du profit. »
Les deux candidats ont rappelé que la seule voie possible était celle des grèves et des grosses manifestations, la révolution sociale en quelque sorte, et que le vote utile, dimanche, n'avait plus lieu d'être.
D.L.
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