Ouest France (Alençon - Orne) : 1re circonscription Alençon - Domfront. Charlotte Séchet, candidate et 20 ans de lutte
Certaines images restent en mémoire. « C'était en 1991, j'étais en terminale, se souvient Charlotte Séchet, candidate Lutte ouvrière dans la 1 circonscription de l'Orne. C'était la guerre du Golfe. LO était le seul parti contre l'intervention des troupes françaises en Irak. Par pacifisme, mais aussi car les pays riches voulaient faire les gendarmes dans les pays pauvres... Pendant une récréation, un des gars Lutte ouvrière de ma classe était debout sur un banc. Tous les lycéens lui disaient que s'il était contre la guerre, il était pour Saddam Hussein. Il défendait des idées à contre-courant et il en était très fier. »
Des idées qui l'ont « intriguée. Je me suis intéressée au mouvement ouvrier, à ses luttes... » À 19 ans, Charlotte Séchet adhère à Lutte ouvrière, défend ses idées « à la fac, là où on vit, là où on travaille. » Voix douce mais déterminée. Elle convainc ainsi son père, « plutôt PS », de devenir « un électeur d'Arlette Laguiller. »
Le monde du travail
En campagne électorale aussi, la candidate de 39 ans capte l'attention des passants. « Bonjour, on est le parti d'Arlette Laguiller et de Nathalie Arthaud ! » À Courteille, elle invite une femme de ménage à une réunion publique, s'indigne du maigre salaire d'une assistante maternelle : « On nous dit que c'est la crise... Mais pour les banquiers, ce n'est pas la crise ! » L'assistante maternelle, qui a voté Hollande, acquiesce : « Il faut qu'on se révolte ! On n'est pas assez payé ! »
« On se place toujours du point de vue du monde du travail », insiste Charlotte Séchet. Cette prof de français venue de Pantin (Seine-Saint-Denis) et syndiquée à la CGT travaille depuis trois ans à Paris après dix ans d'enseignement en banlieue, à Bondy. L'Orne ? « Un coin que j'aime bien », confie la candidate qui a une maison au Mêle-sur-Sarthe et des attaches familiales ornaises.
Colère
Sa priorité n° 1 : interdire les licenciements. « Ce n'est pas notre problème qu'une boîte soit en faillite. Les grands dirigeants capitalistes montrent leur incompétence. Je ne parle pas du fleuriste ou du patron du café, mais des financiers, de PSA, Fralib, Technicolor... Ils jouent au casino et nous font payer la note. »
Le problème du chômage ? « L'État a les services publics, il peut embaucher par milliers : des enseignants, des facteurs, des infirmières... » Où trouverait-il l'argent ? « Ah, ça, c'est pas compliqué ! sourit la candidate. Rétablir à 50 % l'impôt sur le bénéfice des entreprises qui est aujourd'hui à 35 % et rétablir la taxe professionnelle. »
Charlotte Séchet est candidate pour la première fois à une élection. Elle n'a aucune illusion sur le résultat des législatives dans la 1 circonscription : « Les élections, ça ne change pas grand-chose... Mais il faut se servir de ce bout de papier pour se mettre en colère ! »
Alix FROISSART.
La candidate a le contact facile et son discours est écouté dans le quartier de Courteille.