Sud-Ouest (Saintes) :  Un candidat parisien pour Lutte ouvrière

Après la candidate de Debout la République Esther Willer, Alexandre Kikolski est le second candidat aux législatives sur cette troisième circonscription à ne pas résider dans le département. Cet enseignant en mathématiques âgé de 31 ans habite dans le Val-de-Marne.

« La Charente-Maritime et Saintes ne me sont cependant pas des territoires inconnus », insiste celui qui est déjà venu à Saintes pour des actions militantes. « Et en 2007, pour l'élection présidentielle, j'ai démarché des maires dans le sud Saintonge afin d'obtenir leur parrainage pour Arlette Laguiller. »

Sa suppléante, Karine Compant, est quant à elle domiciliée dans l'Aisne. Le candidat Lutte ouvrière, arrivé récemment à Saintes, a débuté sa campagne en battant le pavé et en allant à la rencontre de ceux qu'il appelle « des travailleurs. » Un électorat que Lutte Ouvrière doit partager avec le Front de gauche.

« Depuis l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon n'a pas fait une seule critique de François Hollande », fait remarquer Alexandre Kikolski qui se veut être dans un parti plus révolutionnaire.

Ce qu'il faudrait, pour lui, c'est « un nouveau Mai 68. Ou alors un juin 36. La situation est dramatique. Et ce n'est pas le gouvernement au pouvoir qui va faire quelque chose pour les travailleurs. Si Sarkozy a été le président des riches, François Hollande ne sera pas celui des pauvres. On le voit bien », assure l'enseignant.

Dix ans de militantisme

La social-démocratie, ce n'est donc pas sa tasse de thé. Ni le socialisme mou. Le candidat de Lutte ouvrière, qui milite depuis dix ans, reprend d'ailleurs les thèmes de campagne de la candidate à l'élection présidentielle Nathalie Arthaud. À commencer par l'interdiction des licenciements et l'augmentation des salaires.

« Mes parents sont de gauche mais pas révolutionnaires, confie Alexandre Kikolski. Ils m'ont permis de prendre conscience des injustices sociales. C'est après, pendant mes études, que j'ai fait le lien avec le capitalisme qui gérait l'organisation générale de la société. Pour s'en débarrasser, il faut des grèves, des révolutions... » C'est la première fois que l'intéressé est candidat à une élection. « Je me suis porté volontaire. » Et il compte bien faire un peu plus que 0,70 % des voix, score obtenu par Khamssa Rahmanbi, le candidat Lutte ouvrière lors du premier tour des élections législatives de juin 2007 (1).

« Nathalie Arthaud a popularisé les objectifs de nos luttes. Et puis je pense que le vote utile pour le PS lors de la présidentielle ne se reproduira pas », avance Alexandre Kikolski. Réponse au soir du dimanche 10 juin.


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