Le Progrès : Saint-Fons : Lutte Ouvrière contre l’expulsion des Roms
À la demande de la municipalité socialiste, le tribunal de grande instance de Lyon assigne les familles roms qui occupent un terrain boulevard Sampaix. L'audience, qui débouchera probablement sur une demande d'expulsion, se déroulera dans dix jours. La Ville a la jouissance du terrain, elle pouvait donc saisir le tribunal. La parcelle appartient à EDF, qui aurait refusé d'entamer la procédure en raison de son coût élevé.
Une vingtaine d'enfants sont scolarisés sur place
« Nous ne sommes pas d'accord de laisser une population vivre dans ces conditions [...] Le préfet est comme ça au courant », déclare la mairie, qui a permis la scolarisation d'une vingtaine d'enfants. Elle conçoit que la scolarisation et la demande d'expulsion puissent paraître contradictoires... « mais pas tant que ça », suggère-t-elle. « Nous répétons qu'il n'est pas possible de continuer des expulsions à tout va. Le but est de réussir à intégrer les populations et la scolarisation est une première étape ».
Les élus municipaux Lutte ouvrière, Christine Estero et Christian Prada, demandent à la mairie de ne pas engager une procédure d'expulsion du camp. « Cette menace même si elle n'était pas exécutée aurait comme conséquence de mettre dans l'insécurité ces familles qui risqueraient d'aller s'installer ailleurs et de créer un autre camp [...] Dans quelles conditions d'hygiène encore plus lamentables ? Les populations roms n'ont pas à être les jouets et les victimes des politiques des uns et des autres. Le gouvernement socialiste, les communes dont la municipalité socialiste de Saint-Fons et le Grand Lyon (intercommunalité là aussi socialiste), doivent cesser de se renvoyer la balle. Tous réunis, ils ont les moyens de résoudre la question de l'hébergement de ces familles, de leur relogement, de l'accès aux soins et de la scolarisation des enfants. »