Le Dauphiné Libéré : « Apparaître comme une force d’opposition »
- Est-ce vos premiers pas en politique ?
Claude Detroyat : « Non. Nous avions déjà fait campagne en tandem sur la circonscription en 2007 (elle avait recueilli 0,55 % des voix, ndlr). Et puis, nous avions eu chacun des expériences dans d'autres campagnes politiques comme sur le canton de Vinay ou à Grenoble.»
- Quelles ont été vos motivations pour vous représenter sur la 9ème circonscription aux élections législatives ?
C.D. : « On se présente pour défendre les axes politiques que Nathalie Arthaud a défendus lors de la campagne présidentielle, même si on sait que nous ne serons pas au deuxième tour. »
Vincent Robert : « Le résultat de Nathalie Arthaud au premier tour était de 0,6 % au niveau national, nous savons que c'est un score minoritaire. Mais le vote utile a très fortement joué. Beaucoup de travailleurs et de chômeurs, en accord avec notre programme, nous ont dit avoir voté Hollande car leur préoccupation essentielle était de chasser Nicolas Sarkozy. » « François Hollande va décevoir une partie de son électorat »
- Quelles sont précisément les idées que vous allez défendre ?
V.R. : « Quel que soit le gouvernement, nous avons la conviction que les travailleurs doivent se défendre. Avec la crise que nous vivons, pire que celle de 1929, les plans de licenciement vont continuer à surgir, le grand patronat sera toujours avide de profit. Nous sommes persuadés qu'il faut se préparer à une grande lutte comme celles de 1936 ou de 1968. »
- L' alliance entre Europe-Écologie-Les Verts et le Parti socialiste sur la circonscription peut-elle jouer en votre faveur à gauche ?
C.D. : « Réellement, je ne sais pas. De toutes les façons, même si François Hollande jouit d'une vraie popularité depuis l'élection, il ne faut pas se faire d'illusion sur ce qu'il va annoncer. Il va décevoir une partie de son électorat, car il n'a rien promis, notamment sur la hausse des salaires. »
V.R. : « Nous sommes les seuls à nous réclamer du communisme. Nous voulons apparaître comme une vraie force d'opposition à François Hollande et à son gouvernement et ne pas laisser ce monopole à la droite ou à l'extrême droite car dans ces cas-là, ce serait dramatique. »
- Quel va être selon vous le rôle du député ?
C.D. : « Un député n'a pas un poids énorme à l'Assemblée car aujourd'hui, c'est le pouvoir de l'argent qui gouverne. Dans tous les cas, nous allons tabler sur un maximum d'occasion pour s'adresser aux classes populaires. Une lutte se prépare à l'avance et c'est dans la rue que les gens peuvent obtenir quelque chose. »
V.R. : « Le bulletin de vote permet de s'exprimer. Il est important de demander aux gens de voter pour nous mais une élection ne peut pas changer la situation pour les classes populaires. Quel que soit le gouvernement à travers l'Europe, ce sont les banquiers et les capitalistes qui décident. Il faut inverser ce rapport de force entre le capital et le monde du travail. »
DE CLAUDE DETROYAT
Originaire du canton de Vinay, cette femme de 53 ans travaille comme technicienne à la Direction départementale des territoires de l'Isère. Engagée depuis 38 ans au sein du parti de Lutte Ouvrière, Claude Detroyat a mené plusieurs campagnes, notamment pour les municipales à Grenoble, pour les cantonales à Vinay et pour les législatives.
DE VINCENT ROBERT
Militant au sein de Lutte Ouvrière depuis 40 ans, Vincent Robert enseigne l'histoire, la géographie et l'éducation civique au collège Condorcet de Tullins, la ville où il réside. Défendant les idées d'Arlette Laguiller sur la 9ème circonscription, en 2002, il avait obtenu près de 0,87 % des suffrages.