Le Dauphiné Libéré : Régionales 2010/Isère - Lutte Ouvrière veut clamer « la colère des travailleurs »
La conférence de presse de Lutte Ouvière organisée hier dans un café grenoblois pour les élections Régionales était, disons-le, assez différente de celles des autres partis en lice. D'abord par son invitation aux médias qui comportait une petite phrase « La campagne est partie, même si, pour l'instant, ça ne passionne guère les foules ! », puis par les thèmes choisis - uniquement nationaux -, et surtout par les joyeux applaudissements qui ont ponctué chacune des interventions de Nathalie Arthaud, porte-parole nationale de LO et tête de liste en Rhône-Alpes... Sans parler des grandes affiches qui, en barrant la petite salle bondée, disaient : « Contre le chômage et la précarité : interdiction des licenciements », « Les caisses pour les retraites sont vides ? Qu'on prenne les milliards des gros actionnaires ! »... Tout cela réuni donnait l'impression, non pas d'une conférence de presse, mais d'un meeting.
« Interdire les licenciements »
Et d'emblée, Nathalie Arthaud a donné le ton : « Pour nous, l'enjeu de ces élections Régionales, ce n'est pas de savoir si la gauche ou la droite l'emportera. Oui, cette question agite beaucoup les notables de la région, mais nous, elle ne nous intéresse pas. Nous, nous voulons que tous ceux qui, chaque jour, se prennent des coups dans la figure, osent dire leur colère, leur révolte face au patronat, face à la politique du gouvernement ». Et Lutte Ouvrière veut donc relayer cette colère, et même la clamer. Voilà pourquoi elle assure avoir besoin des voix des électeurs. « On pense qu'ensemble, on aura les moyens de peser. Il faut que les grands groupes et le gouvernement se rendent compte que sans les travailleurs, la société, elle ne fonctionne plus. » Et de citer en exemple, la lutte des salariés des raffineries Total. Et de citer en contre-exemple, les bénéfices dégagés par cette entreprise « qui ne sait plus quoi faire de tous ces milliards et qui, pourtant, ose licencier. » Les aides versées aux banques pendant la crise financière sont aussi ciblées : « Le gouvernement ne sait pas comment il va aider tous les chômeurs arrivant en fin de droits, mais il a bien su trouver de l'argent au moment de sauver BNP-Paribas, alors que cette banque n'a jamais eu besoin d'être sauvée... ». Et Nathalie Arthaud de conclure : « Non, il est temps qu'ils arrêtent d'écraser les gens, il est temps que les sacrifices changent de camp. » Une phrase qui a, bien sûr, été très applaudie.
REUNION PUBLIQUE
Jeudi 11 mars à 20h, réunion publique de Lutte Ouvrière avec la tête de liste départementale Chantal Gomez. Centre social du Vieux Temple à Grenoble.