La Voix du Nord : Lutte ouvrière combat le fatalisme pour faire réagir
Nathalie Arthaud était, hier, à l'écoute des Audomarois et des militants du syndicat Lutte ouvrière.
Nathalie Arthaud était hier au milieu des militants de Lutte ouvrière pour rappeler que les avancées sociales n'ont jamais été acquises dans la facilité.
Quand on lui parle d'un certain fatalisme qui semble s'installer chez les Français, Nathalie Arthaud avance que « quand, tous les jours, vous dîtes aux gens que c'est la crise, qu'il n'y a pas d'argent, ça finit par s'insinuer dans les esprits. Mais on ressent aussi de la colère, notamment contre un gouvernement qui n'a pas tenu ses promesses, par exemple sur la limitation du salaire des P.-D. G. Ou quand on voit que l'électricité augmente de 5%, que les grandes fortunes ont augmenté de 25%. Quand on écoute Hollande, on dirait Sarkozy. On a l'impression d'entendre le discours du Medef », s'insurge Nathalie Arthaud.
« On voudrait que la colère s'exprime »
La porte-parole de Lutte ouvrière était, hier, à Saint-Omer. « J'accompagne les militants qui viennent à la rencontre des gens. On voudrait que la colère des gens s'exprime. On veut faire passer le message que le travailleur ne doit pas tout accepter. Les gens ne doivent pas subir le chantage patronal: ils vont nous acculer jusqu'où? L'État accorde aux patrons des millions pour qu'ils restent en France. »
Cette colère qui n'est pas « de la résignation », estime Nathalie Arthaud, peut un jour donner lieu à une forte réaction. « Pourquoi pas avec la menace sur les retraites? Les gens ont compris que c'est Mittal ou Peugeot qui mènent le pays et dictent leur politique. À se demander d'ailleurs s'ils n'ont pas leurs bureaux à l'Élysée. Ils disent qu'ils prennent des risques, mais ils sont justifiés par les rémunérations extravagantes qu'ils s'accordent. »
Pour Lutte ouvrière, il ne faut pas oublier que « pour l'obtention des acquis sociaux, ça n'a jamais été facile. Il a souvent fallu les arracher. Pour ça, il faut se battre. Regardez ce qui se passe dans certains pays. Par exemple au Brésil, et ses manifestations, un pays souvent cité pour sa croissance économique. Ça doit donner des idées.»