L'Est Républicain : « Le monde du travail va se révolter »
Questions à Etienne Hodara responsable régional de Lutte ouvrière :
Cette semaine, Lutte Ouvrière sera dans les rues de différentes villes lorraines. L'objectif ?
- Aller discuter avec les passants des attaques multiples dont nous sommes l'objet...
Nous ?
- Oui, nous. C'est-à-dire l'ensemble des travailleurs et des classes populaires.
Et de quelles attaques sont-ils victimes ?
- Des attaques sur l'emploi avec des rafales de suppressions de postes depuis un an. Il faudrait interdire aux entreprises de licencier.
C'est possible ou c'est un voeu pieux ?
- C'est possible. Prenez l'exemple d'Arcelor-Mittal. Il suffisait de dire à Mittal : vous vous démerdez avec les milliards de profits que vous avez réalisés par le passé et vous continuez à faire marcher les hauts-fourneaux de Florange. Il faut juste avoir la volonté de prendre des mesures autoritaires contre le patronat.
Après Metz et ses environs, vous ferez entendre votre point de vue jeudi sur la place Maginot à Nancy. Sous quelle forme ?
- Une trentaine de militants seront installés sous une tente avec des brochures, des journaux et des tracts. Jean-Pierre Mercier, notre porte-parole national, sera là. Il est ouvrier à l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois. Une usine qui va fermer et il va donc perdre son boulot. Mais son parcours, en particulier les quatre mois de grève chez PSA, montre que l'on peut résister. Cela n'a pas permis d'éviter la fermeture de la boîte mais les ouvriers de PSA ont obtenu de moins mauvaises conditions de départ.
Vous pensez que la population est encore réceptive aux distributions de tracts et au combat syndicalo-politique ?
- C'est vrai qu'il y a un certain fatalisme qui domine. Car les gens encaissent une baisse de niveau de vie depuis des années. Mais ils ressentent cela comme profondément injuste. Et nous sommes persuadés, qu'un jour ou l'autre, le monde du travail va se révolter. Le problème, c'est de savoir pour quel objectif politique. Car il ne faut pas se révolter pour rien. C'est pour cela que nous sommes pour une reconstruction d'un parti communiste révolutionnaire.
C'est un peu daté comme concept, non ?
- Et défendre le capitalisme, ce n'est pas daté peut-être ?
Propos recueillis par C.G.