L'Est républicain :  Jean-Pierre Mercier

Toute la semaine, la caravane de Lutte Ouvrière a sillonné les villes ouvrières de Lorraine. À sa tête, Jean-Pierre Mercier, ouvrier à l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois et militant du parti politique trotskiste.

Pendant que les Français se font bronzer, vous militez ?

J'ai quatre semaines de congés payés, mais j'en passe une, comme beaucoup de mes camarades ici, pour venir à la rencontre des villes ouvrières. Cette semaine, la caravane Lutte Ouvrière est en Lorraine, mais d'autres vont dans d'autres régions. Nous sommes depuis lundi déjà passés à Metz, Thionville, Forbach, Sarreguemines, ce jeudi à Nancy, et nous continuons jusqu'à samedi. Bien sûr, nous distribuons des tracts et vendons notre journal, Lutte Ouvrière.

Vous avez pris la température ?

Ce qui m'a frappé, dans cette région que j'aime, c'est que le sentiment du monde ouvrier ici ne diffère pas de ce que je ressens dans la banlieue parisienne. Ce qui domine, c'est un mécontentement, un écoeurement par rapport au gouvernement Hollande. On trouve encore des gens qui nous disent, « oui, mais c'est quand même la gauche », mais ils sont désormais ultra-minoritaires. On nous dit que c'est pire qu'avant.

À quoi cela tient ?

À la situation économique, bien sûr. Le patronat a passé un accord avec certains syndicats aux termes duquel les patrons vont pouvoir baisser les salaires, ce qui est inédit en France. Et cet accord a été transformé en loi grâce aux députés socialistes. En fait, Hollande applique la politique du patronat, et il espère que ça ne se verra pas trop. Mais le chômage bat des records, les licenciements facilités augmentent... Le tout dans un contexte de salaires des fonctionnaires bloqués, de hausse des prix masquée par un indice INSEE trompeur.

Que veut faire Lutte Ouvrière pour remédier à cette situation ?

Dire aux travailleurs découragés de garder le moral, de se mettre debout, de se battre. Par exemple pour indexer les salaires sur l'augmentation des prix, pour mettre le nez dans les comptes des grandes fortunes qui ont augmenté de 25 % en 2012. Car pendant ce temps, l'industrie perd des emplois. Chez nous, à Aulnay, il y a 3.300 salariés menacés, sans compter un beaucoup plus grand nombre de sous-traitants...

Guillaume MAZEAUD


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