Le Dauphiné Libéré :  Samedi, c'était la fête de Lutte Ouvrière

Des stands, bien sûr (artisanat, librairie, jeux, atelier préhistoire, expos sur le Chili de 1973, ou sur les internationales ouvrières, espace enfants...). Mais surtout, surtout, des échanges. Samedi, la fête des militants isérois de Lutte Ouvrière, à la salle des fêtes d'Échirolles, se voulait à l'image du parti : tout entière dévouée à la discussion, à la confrontation des idées...

« Nous faire entendre »

Et c'est un condensé des préoccupations ouvrières qu'a offert, en point d'orgue, le porte-parole du mouvement, Jean-Pierre Mercier, dans un discours-fleuve de 40 minutes. Un Jean-Pierre Mercier combatif, même s'il avouait, quelques minutes plus tôt, son scepticisme : « Nous sommes convaincus qu'à un moment ou un autre, ça va exploser. Mais effectivement, aujourd'hui, on ne le sent pas encore. On observe une démoralisation constante, face à un gouvernement anti ouvriers, anti-pauvres. Un gouvernement qui rafle, qui expulse !  ».

Et qui licencie : le responsable a débuté son discours par l'évocation des « licenciements qui continuent, malgré les promesses gouvernementales. La reprise, la croissance, qu'est-ce que ça changera, si le gouvernement continue ses attaques contre les travailleurs ? » a-t-il lancé. Impôts, retraites, travail le dimanche (« Une situation imposée à des travailleurs sous-payés, et qui masque le seul vrai problème : celui des salaires  »)...

Tout y est passé. Un tableau sans concession, dont l'issue, selon lui, passe par « l'interdiction des licenciements, et le partage du travail sans baisse de salaires  ». Des revendications qui ne porteront que par un « combat collectif  » que Jean-Pierre Mercier appelle de ses vœux. Et que les militants relaieront lors des campagnes des municipales, puis des européennes. « Lutte Ouvrière portera des listes autonomes aux Municipales dans de nombreuses villes, et aux Européennes, dans toutes les circonscriptions  » a-t-il annoncé. Car « c'est à travers le combat politique que peut se forger un vrai parti des travailleurs. Nous allons nous saisir de toutes les occasions pour nous faire entendre ! »

Paroles de participantes

Katia, Annick ou Alice sont venues presque par hasard, l'une « pour accompagner son compagnon », les autres « par amitié ». Aucune n'est militante Lutte Ouvrière, mais toutes se déclarent « convaincues » par le discours de Jean-Pierre Mercier. « J'ai aimé ce qu'il a dit sur le fait que le combat se joue d'abord dans la tête, c'était pertinent » estime Katia. Néanmoins, toutes trois reprochent au parti (« et à la Gauche en général  », explique Annick) d'être « trop idéaliste, trop éloigné des réalités des gens. Le discours est trop globalisant, il y a les bons et les mauvais, c'est contradictoire avec ce que pensent vraiment les gens ».

Si elles estiment certains discours trop manichéens, celui de Jean-Pierre Mercier a toutefois fait mouche, en tout cas sur le thème des travailleurs exploités. « On partage tout à fait son constat ! On le voit au jour le jour dans nos emplois : les employés mal assis devant des ordinateurs mal positionnés, et qui passent des heures comme ça ; des gens qui partent en maladie et ne sont pas remplacés... Tout le monde est sous pression, c'est pareil partout, et c'est grave ». On croirait entendre parler... Lutte Ouvrière !


URL: https://ip231.ip-5-135-94.eu/en-regions/rhone-alpes/revue-de-presse/article/samedi-c-etait-la-fete-de-lutte