Sud Ouest - Langon :  Lutte ouvrière défend son programme en ville

Qu'on ne s'y trompe pas ! Et qu'on ne s'attende pas à ce que Jean-Philippe Delcamp propose un projet détaillé sur l'aménagement des quais bordant la Garonne, le stationnement autour de la gare, la dynamisation de la rue Maubec... Même si cet instituteur de 57 ans, directeur de l'école de Cérons depuis une vingtaine d'années, a décidé de se présenter aux prochaines élections municipales à Langon, il reconnaît que le propos local n'est pas le sien. « L'important c'est d'être là, explique ce militant de Lutte Ouvrière depuis 1973. Nous voulons faire entendre le camp des travailleurs. On s'adresse aux salariés, aux chômeurs, aux retraités, aux ouvriers, aux employés... »

Il explique que Lutte ouvrière a décidé, cette année, de présenter 200 listes aux élections municipales « dont quatre en Gironde. Depuis plusieurs années, nous sommes un groupe sur Langon. On se retrouve le samedi matin, place Kennedy. Nous discutons avec les gens. On défend des idées qui touchent beaucoup de monde. Dans la situation présente, il est important de faire entendre un autre camp. »

Jean-Philippe Delcamp a réuni 28 hommes et femmes autour de lui. « Des gens de la base. Des travailleurs du rang. Des gens qu'on n'entend généralement pas. On est plutôt fier de notre liste ».

L'instituteur et ses colistiers ont décidé d'aller à la rencontre des gens. « Ils nous racontent leur vie quotidienne, la précarité. Nous, on veut exprimer la colère de ceux qui en ont marre de subir, de payer... »

Il le reconnaît : il ne se présente pas devant les électeurs Langonnais « avec un catalogue de mesures gadgets. Aujourd'hui, on ne parle plus de la piscine, qu'on a refilée au privé, mais de la médiathèque... Mais le problème n'est pas là. Aujourd'hui, ce qui préoccupe les gens c'est le chômage, la vie chère, l'avenir des enfants. C'est aussi les richesses des plus riches et, à l'autre bout de la chaîne, la pauvreté des autres. Les gens qu'on rencontre expriment cette colère... »

Jean-Philippe Delcamp renvoie dos à dos les autres candidats. « Charles Vérité et Philippe Plagnol parlent de leur programme local pour éviter d'évoquer ce qui se passe au niveau national. On sert toujours la même rengaine aux travailleurs : ils doivent accepter le sacrifice ».

Le représentant de Lutte ouvrière va plus loin. « Les sujets locaux, le cinéma, la guinguette, le marché bio, tout cela, ce n'est pas ce qui va donner du boulot aux jeunes. La guinguette, pour tous ces gens, c'est presqu'indécent... »

Et s'il est élu, si ses colistiers sont élus, qu'envisagent-ils une fois assis à la table du conseil municipal ? « On fera en sorte que l'argent public aille au public et non aux entreprises de manière directe ou indirecte ! »


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