Le Républicain lorrain : Le « geste politique » de Mario Rinaldi
Mario Rinaldi en pleine discussion avec une possible électrice : le discoursdu « camp des travailleurs » n'a pas eu vraiment d'accroche sur elle. Photo Karim SIARI
La tête de liste de Lutte ouvrière était à une entrée du marché de Metz-Borny, hier matin. Le parti d'extrême gauche a un positionnement particulier.
« Nous ne sommes pas là pour serrer des pognes. Nous venons proposer un geste politique. » Étienne Hodara est l'un des animateurs de la campagne de Lutte ouvrière. Il ne se voit pas parcourir les allées du marché de Metz-Borny, à dire bonjour à un peu tout le monde. Les membres du parti ont posé écriteaux et drapeaux à l'une des entrées, hier matin. Le ton est tout de suite donné : « Contre le chômage, interdiction des licenciements » est-il possible de lire sur un des écriteaux.
Lutte ouvrière mène volontairement une campagne plus générale. Elle parle peu des problèmes locaux avec ceux qui s'arrêtent. « Le problème de la population, c'est le chômage, les licenciements, arriver à joindre les deux bouts, énumère Mario Rinaldi. La municipalité n'a aucun pouvoir en la matière. » La tête de liste joue à domicile, elle habite le quartier.
L'ouvrier de chez Renault-Sovab n'a pas pris de vacances. Il travaille de nuit et vient faire campagne le jour. « La campagne, c'est 24 heures sur 24 », reconnaît-il. Il tend les tracts aux passants. Ils sont peu à les prendre. « Les gens ont beaucoup à dire sur la politique en elle-même, ajoute quand même la tête de liste. Ils sont pas mal écoeurés par les affaires. »
Une femme voilée s'arrête et engage la conversation : « Je suis Française et Messine. Je votais communiste. Mais là, je ne sais pas. » « Nous sommes communistes aussi, vous savez », tente Mario Rinaldi. Elle raconte comment sa décision de porter le voile lui a coûté pour son travail. Elle veut parler de ses préoccupations en tant que musulmane. « Lutte ouvrière est un parti athée », rappelle Étienne Hodara. La discussion prend vite une tournure polémique, bien loin des municipales.
« Très peu de personnes votent », observe encore la dame. « Vous croyez que le vote change quelque chose ? », demande patiemment Mario Rinaldi. Lutte ouvrière ne se fait guère d'illusions sur Metz. Tout au plus, le parti pourrait-il essayer d'avoir quelques conseillers municipaux, « pour être les yeux et les oreilles des travailleurs », précise Étienne Hodara. « Le pouvoir de décision, il n'y a que le maire qui l'a. »
« De toute façon, celui qui arrive au pouvoir, il ment toujours », lance un ancien militaire qui s'arrête pour discuter avec un autre colistier, Thierry Schulz.
Lutte ouvrière a vu aussi passer deux députés, Denis Jacquat et Marie-Jo Zimmermann, en pleine campagne eux aussi. La jovialité souriante de la droite se heurte à la froideur non dissimulée de l'extrême gauche. La candidate UMP s'éloigne dans les allées du marché... serrant les mains avec un plaisir non dissimulé.
Julien BÉNÉTEAU