La Voix du Nord : Françoise Millot (Lutte ouvrière), la révolutionnaire
Portraits de candidat
Françoise Millot, à la tête de la liste Lutte ouvrière.
Si on reproche parfois à des candidats aux élections leur parcours politique versatile, il faut reconnaître à Françoise Millot une qualité rare, la constance. Âgée de 63 ans, militante à Lutte ouvrière depuis ses 18ans et pour la première fois tête de liste aux municipales, Françoise Millot ne s'est jamais éloignée de son parti et de son idéologie.
Toujours les références à 36 et 68
La régularité dans ses idées, calquées sur le dogme d'un parti arc-boutée sur ses positions, présente néanmoins les inconvénients d'un discours répétitif et sans originalité. Qu'il s'agisse des élections législatives, des régionales, des cantonales ou des municipales, Françoise Millot scande toujours le même refrain, inspiré de la révolution de mai68. « Il nous faut un nouveau juin 1936 ou un mai 1968 car l'histoire a montré que les grandes avancées sociales viennent des luttes », expliquait-elle le mois dernier lors d'une interview, comme elle le déclarait en 2007 et en 2010 à nos collègues journalistes qui l'interrogeaient pour d'autres échéances électorales. À chaque élection, Françoise Millot met en avant comme tous les membres de Lutte ouvrière « les bas salaires, le chômage et la crainte de perdre son emploi ». Des réalités indéniables qui, une fois dénoncées, pourraient s'accompagner de solutions dans un programme à la déclinaison locale, ce qui fait cruellement défaut à Lutte ouvrière. Comment en effet le maire de Calais pourra-t-il « interdire les licenciements » comme LO le préconise ? Impossible, sauf dans la perspective d'une révolution dans les urnes, à laquelle Françoise Millot elle-même n'ose croire.
Professeure de français à la retraite, sur le front depuis des années quand il s'agissait de défendre les postes d'enseignants, militante de l'extrême gauche depuis plus de quarante ans, Françoise Millot sait que la révolution n'est pas pour les municipales, ni même pour 2014. La candidate de Lutte ouvrière ne sera pas au deuxième tour de l'élection municipale à Calais la semaine prochaine, mais on reverra Françoise Millot lors des prochains scrutins, en campagne pour « faire entendre le camp des travailleurs ».
O. P.
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Voici leurs réponses
Quelle politique d'aide aux entreprises pour l'innovation et l'emploi ? (question de « Jean V. » aux six candidats)
-Françoise Millot : « Cela ne me choque pas que la municipalité soutienne l'activité d'associations, d'entreprises de proximité. Par contre, les subventions à des entreprises dont les actionnaires sont milliardaires, cela me semble un gâchis d'argent public. À Calais, Schaeffler reçoit de l'argent pour payer... son déménagement ! »