Ouest-France Nantes : Hélène Defrance, femme en colère engagée
La candidate de Lutte ouvrière, militante depuis des années, est au combat. Elle souhaite que les voix de la colère s'expriment.
Profil
Hélène Defrance, 64 ans, professeur d'arts plastiques, retraitée.
Elle a gardé l'enthousiasme de sa jeunesse quand il s'agit de dénoncer les injustices et le monde qui ne tourne pas rond. Lutter, s'engager. Ces deux mots reviennent souvent. « Plus ça va, plus je suis révoltée, assure Hélène Defrance. Le monde regorge de richesses. Malgré tout, il y en a de plus en plus qui vivent mal, manquent de tout. »
Hélène Defrance est née à Colmar, d'un père fonctionnaire et d'une mère au foyer. Mais elle a longtemps vécu en région parisienne. C'est là, d'ailleurs, qu'Hélène Defrance s'éveille à la politique. C'est l'année du bac. Mai 68 rattrape la jeune fille. « J'étais déjà révoltée, dit-elle. Enthousiasmée par cette effervescence et l'idée de changer le monde. C'est à ce moment-là que j'ai pris conscience que les luttes faisaient bouger les choses. » Ça discute, bouillonne, palpite... Elle fait le tour des mouvements, fait le choix de Lutte ouvrière. Elle s'y engage en 1971 et y est restée fidèle depuis.
Ce n'est pas la première fois qu'elle se présente aux élections municipales à Nantes, où elle est arrivée en 1982. De 2001 à 2008, Hélène Defrance est au conseil municipal, dans l'opposition. Son programme aujourd'hui ? Pas vraiment local, mais une déclinaison de la campagne nationale. « Il faut maintenir les emplois et les salaires, martèle-t-elle. Renverser le capitalisme, qui nous mène droit dans le mur. » Sa liste est là, avant tout, pour faire entendre la parole des travailleurs, exprimer leur colère. « Il faut se servir de son bulletin de vote pour dire « ça suffit » ». « Il n'y a pas que l'argent et le profit, dit-elle encore. Utopiste ? Elle balaie le mot. « Les utopistes d'aujourd'hui sont les réalistes de demain. »
Yasmine TIGOÉ.