L'Est républicain - Lorraine : Lutte ouvrière présente des listes dans toutes les régions : « Donner la parole aux travailleurs »
« Ces élections ont tout pour déplaire, c'est une illusion électoraliste, du bidon ». Photo Alexandre MARCHI
Nancy. On avait quitté Arlette, on retrouve Nathalie. Même look, même débit rapide bien que la voix soit plus haut perchée, la porte-parole de Lutte ouvrière, de passage à Nancy pour une réunion avec une trentaine de militants et sympathisants, a rappelé la doxa de son mouvement : « Nous ne sommes pas un énième parti de gauche, mais un parti ouvrier, qui parle de tous les problèmes des travailleurs ».
D'où un désaccord de fond avec le NPA. En 1999, avec une liste commune, LO et la LCR avaient envoyé au Parlement européen Arlette Laguiller et Alain Krivine, avec il est vrai une liste unique pour tout le pays. « Aujourd'hui, même unis, nous n'aurions pas d'élus », souligne Nathalie Arthaud. « Ces élections ont tout pour déplaire, c'est une illusion électoraliste, du bidon et le Parlement européen, paravent démocratique, c'est de la fumisterie ».
« Hollande, témoin de mariage »
Les listes LO, dont celle emmenée dans le Grand Est par Claire Rocher, une infirmière dijonnaise, relève donc du témoignage, terme que « ne récuse pas » la porte-parole.
Le but est surtout de « donner la voix aux travailleurs », dont « le salut viendra du combat contre nos ennemis » et de leur « union dans toute l'Europe contre la bourgeoisie, qui elle sait se rassembler pour défendre ses intérêts ». Certain qu'une « autre politique est possible », même s'il pense que François Hollande ne changera pas la sienne malgré la claque des municipales, le parti ouvriériste veut mettre en avant ses propres revendications, notamment son combat contre « le grand capital », auquel sont soumis, selon lui, tous les gouvernements. La preuve avec Alstom, dont « François Hollande est le témoin de mariage, le témoin de la vente ».
Malgré tous, les « travailleurs et classes populaires » sont plus tentés actuellement par le Front national que par Lutte ouvrière : « Nous leur disons qu'ils se trompent collectivement. Nous combattons les idées nationalistes.
Pour Marine Le Pen, tout est de la faute de Bruxelles et rien ne vient de la rapacité des patrons. Elle ne cache pas qu'elle prendra l'argent sur le dos des travailleurs étrangers, sur une partie d'entre nous. C'est un poison. Elle est complice du système et du grand patronat. Arcelor-Mittal, ce n'est pas l'Europe, c'est les patrons. Dans les périodes de crise, les démagogues ont souvent le vent en poupe. Le populisme pousse sur le fumier de la crise.
Nous devons refuser la préférence nationale et imposer la préférence sociale. La force du Front national est liée à la faiblesse des luttes. Le vote FN, c'est le vote de la résignation ». Et Lutte ouvrière n'entend pas se résigner.
Patrick PEROTTO