législative partielle dans la 21e : Éric Pecqueur: «Je veux que les travailleurs soient représentés»
Éric Pécqueur, la candidat de Lutte ouvrière, ce jeudi à Valenciennes.
Il en a fait, des campagnes électorales, Eric Pecqueur. Le candidat de Lutte ouvrière (LO), Team leader chez Toyota, a tout expérimenté: des municipales à Orchies, où il habite, aux législatives sans oublier les élections Européennes, celle de 2009 et du 25 mai dernier. Son credo? Porter la parole d'une classe, les ouvriers.
Car c'est cette catégorie qui lui importe et dans laquelle il englobe aussi bien ceux qui travaillent en usine que les caissières en supermarché, ou encore les artisans et les commerçants.
Mais pourquoi Éric Pecqueur, domicilié dans la 6e circonscription, s'est-il porté candidat dans la 21e ? Parce qu'il est ouvrier chez Toyota, et connu pour son engagement dans le Valenciennois. « Un militant ouvrier, c'est où il milite le plus qu'il importe qu'il soit », estime Eric Pecqueur, qui a introduit la CGT chez Toyota. Dans son combat, outre ses campagnes électorales, il inclut aussi deux grèves menées sur le site d'Onnaing, en 2009 et 2011.
Toutefois, chez lui, l'engagement politique date d'avant l'activisme syndical. Il est hérité d'une famille de mineurs, où l'on partageait un idéal : celui « qu'un jour, on pourrait se passer des patrons et que les ouvriers pourraient faire tourner une société sans capitalisme ».
C'est pourquoi il met tous les autres partis dans le même panier, de la droite à la gauche en passant par l'extrême droite, et même le front de gauche. « Mélenchon est un démagogue, comme Marine Le Pen. Il y a des idées qu'ils partagent, comme le protectionnisme et le nationalisme. Mais ce sont des poisons. Car ceux qui pillent la France sont bien Français, ce sont les Mulliez, les Bouygues etc. »
« S'abstenir, c'est se taire »
Depuis qu'il a commencé sa campagne, l'homme de LO estime avoir « de bons retours, car on dénonce ce que les gens vivent ». Son score aux Européennes, le candidat Pécqueur a décidé de voir les choses du bon côté : avec 1, 68 %, il a obtenu « 21 000 voix ». Des voix qu'il aimerait voir augmenter, et que cesse l'abstentionnisme et les votes extrêmes. « Le problème, c'est que les travailleurs pensent que l'abstention est une façon de protester. Mais s'abstenir, c'est se taire. »
Un avis, il en a un - global - sur tous les candidats à cette élection : « Tous ceux qui proposent un programme local sont des menteurs. Parce qu'un député n'a aucun pouvoir. » Alors pourquoi se présente-t-il ? Pour « que les travailleurs puissent être représentés ». Et qu'un parti ouvrier « soit prêt à proposer des objectifs de lutte » quand l'heure de la révolte sera là, face à une situation qui se dégrade toujours un peu plus. « De 2000 à 2009, on disait : chez Toyota, il n'y aura jamais de grève. Finalement, il y en a eu une en 2009 et on a gagné. Tout est possible. »
M. Z.