La Voix du Nord : Pour les régionales, Lutte ouvrière aux « travailleurs » : « Votez pour votre camp ! »
LAURENT DECOTTE
Françoise Millot, tête de liste du 62, et Éric Pecqueur, chef de file régional, samedi, à la fête annuelle locale de LO à Villeneuve-d'Ascq. PHOTO PATRICK DELECROIX
Lutte ouvrière présente une liste dans 12 des 13 régions, dont la nôtre. C'est Éric Pecqueur, Team leader syndicaliste (CGT) chez Toyota qui la conduit. En 2010, il avait obtenu 1,44 % des voix en Nord - Pas-de-Calais, Loin des belles heures de 1998 où le LO d'Arlette Laguiller (Nicole Baudrin en région), avec 6 % des bulletins dans le Nord et 7 % dans le Pas-de-Calais, avait placé sept élus. Trois en Picardie.
Mais depuis 2004, le parti trotskiste est absent des deux hémicycles régionaux et a peu de chances que le scrutin de décembre y change quoi que ce soit. LO est crédité de 2 à 3 % dans les sondages. Sous la barre des 5 % qui permet le maintien au second tour et d'être remboursé des frais engagés. « Vous savez, nous partons sur un coût de campagne d'un million d'euros en tout en France », relativise M. Pecqueur. À son côté, Françoise Millot, calaisienne tête de liste dans le 62. Elle est enseignante (retraitée), comme trois des cinq têtes de liste départementales. « Ce qui n'est pas représentatif. Sur les 176 candidats, il y a des cheminots, des travailleurs du milieu hospitalier, de la vente par correspondance, des usines, ou des privés d'emploi », détaille Éric Pecqueur.
« Le FN serait pire encore »
Une liste complète pour un parti qui revendique environ un millier de militants dans la grande région (dont près de 600 étaient réunis à la fête annuelle locale du parti, samedi, à Villeneuve-d'Ascq). Une élection est pour LO l'occasion d'exister et de grossir autant que possible ses rangs pour les luttes de rue et d'usines, au moins aussi importantes que celles des urnes. Son objectif de renversement du capitalisme a peu à voir avec les compétences d'une région. Même si Éric Pecqueur explique que d'éventuels élus s'opposeraient par exemple à toute aide aux entreprises du « grand patronat ».
Son credo : « le camp des travailleurs » malmené par la droite et la gauche. « Hollande, c'est pire que Sarkozy, car il obéit lui aussi aux demandes du patronat, mais ses exigences ont encore augmenté. »
Cela étant, « le FN serait pire encore ». Certes il est « alimenté par le PS qui s'en prend aux travailleurs ». Certes il comprend « l'écœurement des travailleurs ». « Mais Marine Le Pen, qui est issue d'une famille de millionnaires, ce serait pire. Elle divise les travailleurs en montant les ouvriers contre les fonctionnaires, les migrants contre les chômeurs. Or, tout ce qui divise le monde du travail l'affaiblit. Nous voulons dire aux travailleurs : votez pour votre camp ! »