Le journal d'Elbeuf :  Pascal Le Manach (LO) veut « faire entendre le camp des travailleurs »

- Est-ce la première fois que vous vous présentez aux élections régionales et avez-vous déjà constitué votre liste ?

J'ai déjà été candidat. La dernière fois, j'étais tête de liste départementale et, là, je suis tête de liste régionale. Nous avons présenté tous les candidats ce mardi soir à la Halle aux Toiles, à Rouen, notamment les têtes de listes départementales. Nous sommes quarante et un en Seine-Maritime, vingt dans l'Eure, vingt-trois dans le Calvados, onze dans l'Orne et dix-sept dans la Manche. Globalement, ce sont des militants et des sympathisants de LO : des salariés, des retraités, des chômeurs, à l'image de la population.

- Vous vous présentez sous le nom de votre parti. Avez-vous été tentés de tendre une main à d'autres organisations d'extrême gauche ?

Nous avons eu des discussions avec le NPA au niveau national. Mais finalement, je crois que, des deux côtés, nous étions pour défendre des politiques différentes, même si nous travaillons ensemble sur des mobilisations, des manifestations... Surtout dans cette période où s'accélèrent les attaques du patronat et du gouvernement qui lui est servile, nous nous adressons essentiellement au monde du travail. C'est notre axe, d'où l'intitulé de notre campagne : « Faire entendre le camp des travailleurs ».

- Dans ce sens, ces élections vous servent-elles surtout de tribune ?

Les élections sont un moyen de dire, de la part du monde du travail, qu'on ne veut plus de cette politique, de la remise en cause des conditions de vie au travail, de la remise en cause de nos droits, de la flexibilité... Voter pour Lutte ouvrière, c'est montrer que ni la gauche ni la droite ni l'extrême droite ne changeront quoi que ce soit dans la situation. Pour que ça change, les salariés, les retraités, les chômeurs doivent imposer leurs revendications : l'interdiction des licenciements, l'augmentation des salaires, le contrôle des comptes des entreprises et des plus riches... On verra que de l'argent, il y en a pour créer des emplois, augmenter les salaires...

 

« L'union de tous les peuples »

 

- Vous défendez surtout des revendications. Quelle vision avez-vous de la région ?

Il faut que des salariés soient élus au Conseil régional, car nous savons ce que c'est de vivre des fins de mois difficiles, nous avons connu le chômage, la précarité, nous savons ce que ça veut dire « se serrer la ceinture » au nom de l'intérêt des plus riches. Puis nous défendrons nos idées sur la société : il faut se débarrasser du capitalisme, qui engendre la misère, l'exploitation, qui est responsable du fait que des millions d'individus se retrouvent sans emploi, qu'ils sont obligés de s'exiler avec leurs familles pour survivre...

- Que vous inspire la réunification de la Normandie ?

Qu'est-ce que ça changera ? Qu'ils le fassent s'ils veulent, mais il n'est pas là le problème. Je suis pour l'union de tous les peuples, c'est autre chose que l'union de la Normandie. Je pense que le « Prolétaires de tous les pays, unissez vous » est toujours à l'ordre du jour. Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, on passera de deux à une Normandie : et alors ? En revanche, on peut parler de la baisse des dotations d'État. C'est une escroquerie de dire que la France s'appauvrit : on déshabille les pouvoirs publics pour que l'argent aille directement au patronat. C'est un choix de société ; nous, le nôtre est de faire en sorte que l'argent venant de notre travail serve à l'ensemble de la population.

- Si Lutte ouvrière fait un bon score, quel bilan penseriez-vous en tirer ?

S'il y avait une poussée électorale de Lutte ouvrière, nous ne disons pas que cela changerait la situation. Cela pourrait faire en sorte, surtout, qu'une partie du monde du travail arrive à s'organiser, et à enrayer la situation, à imposer ses revendications. C'est quand même nous qui produisons tout ce qu'il y a dans la société, pas les gros patrons, qui ne produisent rien. Ce sont les salariés qui font tout le travail, même au sein de l'administration. Pourquoi cet argent irait dans la poche des plus riches alors que c'est nous qui produisons tout ? Ni la droite ni l'extrême droite ni la gauche ne tiennent ce discours !


URL: https://ip231.ip-5-135-94.eu/en-regions/haute-normandie/revue-de-presse/article/pascal-le-manach-lo-veut-faire