L'Alsace : Lutte Ouvrière investit l'Acal
Chef de file pour l'Acal, Julien Wostyn se présentaient déjà avec Nathalie Mulot lors des précédentes élections régionales. Archives L'Alsace/Jean-Paul Domb
Pas question de lâcher prise. En ces temps de crispations sociales, Lutte ouvrière (LO) compte occuper le terrain du scrutin régional. « On ne va quand même pas laisser le monopole de l'opposition à la droite et au FN. Le gouvernement doit savoir que le camp des travailleurs est mobilisé contre lui », assure Etienne Hodara, porte-parole lorrain de LO. En clair, pas question de se perdre en conjectures : « La réforme territoriale ? C'est la tarte à la crème ! », évacue Christiane Nimsgern.
Ex-conseillère régionale, élue pour un mandat en 1998, la Nancéienne prend date : « On est déjà dans la présidentielle », anticipe-t-elle en considérant que les priorités du débat sont ailleurs : « Au soir du premier tour, tout le monde tirera le bilan du gouvernement. » Quant au conseil régional, « c'est un distributeur de billets de banque », tranche la candidate en jugeant le levier toujours bon à saisir. « Quand la maison flambe, on ne se soucie pas de la couleur du papier peint », renchérit Etienne Hodara.
Au diapason, Mario Rinaldi, tête de liste en Moselle, fulmine : « Franchement, avec six millions de chômeurs, il y a de quoi être en colère ! On le voit à Air France... Non, la violence ne se situe pas dans le camp des travailleurs mais dans celui du patronat », plaide celui qui dénonce en outre « un matraquage sans précédent dans les entreprises ».
Pas Mélenchon
Reste une question : pourquoi, compte tenu de ses succès passés, LO s'obstine-t-elle à se lancer seule à l'assaut des urnes ? « Être minoritaire ne suppose pas qu'on ait tort », corrige Etienne Hodara. « Et puis, on dit les choses autrement », complète Christiane Nimsgern. Les militants LO appellent pourtant de leurs voeux la constitution « d'un mouvement collectif ». Pas question tout de même de rouler aux côtés de Mélenchon : « On se situe sur le terrain internationaliste. S'attaquer à l'Allemagne, comme il l'a fait, m'a soulevé le coeur », s'offusque Christiane Nimsgern, convaincue que l'ancien sénateur « se bat toujours pour une place, pas pour des idées ».
A contrario, un rapprochement avec le rival NPA eut été envisageable. « Mais ils ne présentent pas de candidat cette fois », objecte Etienne Hodara. Lequel croit utile de rappeler que l'union scellée lors des régionales en 2004 - à l'époque avec la LCR - n'avait pas permis d'additionner les suffrages des deux familles trotskistes. Pour LO, l'animation de la campagne prendra la forme de meetings dans les différents départements.
Deux dates sont d'ores et déjà calées : le 14 novembre, Nathalie Arthaud, porte-parole, donnera une conférence de presse à Nancy avec Julien Wostyn, chef de file pour l'Acal. Ce dernier animera un second rendez-vous, le 28 novembre, au FJT Pilâtre-de-Rozier à Metz.
Xavier Brouet(Le Républicain Lorrain)