La Voix du Nord :  Les législatives, une étape sur « le chemin des luttes » pour Lutte ouvrière

Tous deux ouvriers sur chaîne à la Française de mécanique, les représentants de Lutte ouvrière « connaissent les préoccupations des salariés du secteur ».

Lutte ouvrière se relance dans la course des législatives, pas tant pour un siège de député mais pour faire entendre des idées qu’ils comptent bien défendre dans la rue.

12e Circonscription.

« On se connaît bien, on est un tandem syndical. » Régis Scheenaerts et Éric Bernard repartent pour un tour de piste avec les législatives dans la douzième circonscription (Liévin, Douvrin…)

Si le score de Nathalie Arthaud n’a pas crevé le plafond à la présidentielle, « localement, Lutte ouvrière est un courant entendu et connu. En 2001 aux municipales on avait fait 19,44 %. Aux dernières élections, on n’a pas baissé. On est fier de porter notre drapeau. » Une bannière qui les mènera plus sûrement à battre le pavé qu’à s’asseoir à l’Assemblée : ces représentants de Lutte ouvrière ne se font pas d’illusions. D’autant que là n’est pas leur lutte. « On a obtenu une augmentation de salaire, ça venait des luttes à Peugeot, pas des négociations autour d’une table », explique Régis Scheenaerts, candidat titulaire, « ouvrier sur chaîne et fier de l’être ».

« On se présente mais on ne dit pas, quand on sera élu tout va changer. On prône une réaction collective des travailleurs. » On ne change pas une révolution qui gagne et LO en est persuadé, c’est dans la rue et non dans les urnes que les « travailleuses et les travailleurs » obtiendront des avancées.

Les élections, tout juste servent-elles à compter ses forces autour de propositions telles que le salaire de base et pension à 1 800 € net par mois, l’interdiction des licenciements pour les entreprises qui font du profit…

Malgré des projets qui pourraient aller de soi dans un territoire aux indicateurs économiques moroses, ils savent que la partie est loin d’être gagnée. Malgré tout, ils n’évoquent leurs concurrents, contrairement à d’autres, que si on le leur demande. La « solution FN » sur laquelle nombre d’électeurs du secteur se reportent ? Le parti qui se dit proche du peuple est, lui aussi, l’ennemi du salarié, pour LO. « Diviser les Français entre eux, diviser les Français contre les immigrés… Diviser pour mieux régner, ça n’a toujours profité qu’aux patrons. » Et les candidats de prendre pour preuve « la retraite à 60 ans, retirée du programme de Marine Le Pen juste avant le premier tour de la Présidentielle ».

« Ce qui a fait augmenter le FN, c’est la gauche, le PS et le PC dans sa roue. » Et les socialistes, n’ont, selon ces militants LO, rien à envier au parti à la flamme en matière d’opposition au patronat. « En local, ils ont d’abord soutenu Valls » avant de pencher, pour beaucoup en secret, pour Macron.

« Notre programme, c’est de dire aux travailleurs, il faut se préparer car on va être attaqué. » Il ne faut pas s’y tromper, c’est bien à l’Élysée que se trouve le véritable adversaire. « Nous sommes contre les 120 000 suppressions d’emplois dans le service public. Il n’y a que si on est nombreux à prendre le chemin des luttes qu’on pourra les faire reculer. »


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